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Rappelons que le mot espagnol mono veut dire singe

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sion, eu se disant à lui-méiiie : € Aussi, lu allais Irop TÎte, Diorocoï, mon ami ; la prochaine fois, tu ni; (e presseras pas tant! »

Il parlait comme celui qui a dit : « L'empire est aii\ llegmatiqucs. i

Arrivées au Tupisa, les pirogues marclieut plus rondement. Je ne puis m'accoutumer de sitût à la chaleur du soleil après uu mois d'ombre et de fraîcheur dans la trocha, et me voilà avec te visage, les mains et les pieds billlés. Nous passâmes lu nuit sur une petite Ile, par crainte des garapates; mais, pendant la roule, nous en avons recueilli si belle provision que, malgré notre fatigue, pas un seul d'entre nous ne peut l'ermer les jeux. Nous connaissons hélas! trop bien les repos n restaurateurs et réparateurs n en pays de vermine tropicale.

Le lendemain, partis au jour, la descente est moins rapide que nous ne l'avions espéré, La rivière est 1res basse ; nombre d'arbres échoués en travers, par-dessus lesquels notre piro^'ue avait pu librement passer quelques semaines auparavant, nous barrent complètement In route. Il faut décharger l'embarcation et la porter à vide sur le tronc ; ou mieux encore, l'enfoncer sous l'eau et la glisser sous le palo. Hais nous sommes faits depuis longtemps à cette sorte d'ennuis.

Je tue, moi qui lue peu, uu fourmilier-ours (myrmecophaga tamandua), animal étrange avec son long; museau efltlé, sa tête étroite, ses curieuses petites oreilles, son pelage grossier, ses ongles robustes, sa queue prenante.

Enlin nous voici au confluent du Tupisa et du Chu-

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cunaque. Une#troupe de femmes à peine vêtues, occupées à la pèche, plongent dans Teau à noire approche, comme une « école » de grenouilles, et s'y enfoncent jusqu'au cou en dépit des caïmans. Les beaux messieurs de la seconde pirogue, citoyens de la ville prochaîne, passent une bonne demi-heure à parfaire leur toilette ; pénétrés de ce qu'ils se doivent à eux-mêmes, ils veulent se montrer à leurs compatriotes dans leurs plus beaux atours, souliers, chemise et pantalon. Je ne perds pas mon temps à les attendre et nous débarquons à Yaviza.

M. Sosa s'y trouve encore. M. de Lachartae esta Pinogana, de retour de ses opérations du rio Tuno ; il doit rentrer demain. M. Pouydesseau, qui a été à la mort, est mieux et cependant me paraît encore très malade. M. Sosa s'occupe des préparatifs du départ : il a loué la canoa la Cartagène, qui arrive ce soir même.

Malgré le manque de parole du patron dé sa pirogue, M. de Lacharme parvient à nous rejoindre, et nous quittons Yaviza le 20 au soir, sans douté pour la dernière fois.

A la Palma, Gregorio Santa-Maria vient nous serrer la main : il a vieilli, il est encore plus blanc. Notre canoa, à peine passable sur un fleuve, est tout à fait impropre aux voyages sur mer. Il serait trop long de dire tous les ennuis que nous causent la négligence, l'importance et l'incapacité du patron, qui ne sait ni se servir des rames, ni serrer le vent, ni commander ses hommes. A la fin, malgré lui, je mets nos engagés à la manœuvre.

Mais tout est bien qui finit bien : nous arrivons à

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Panama le 25, quelques heures seulement avant le départ de MM. Wyse et Verbrugghe pour Buenaventura, port du Pacifique, et Santa-Fé de Bogota, capitale des États-Unis de Colombie.

Chevauchée fantastique de Wyse et Verbrugghe entre Buenaventura et Bogota. — Incendie de Panama.

M. Wyse, obligé de déposer le fardeau de la direction, avait pris avant son départ toutes les mesures nécessaires à la bonne et saine continuation des études du Canal interocéanique.

Il lui fallait de toute force partir pour Bogota, r <£ Athènes américaine », le siège du Congrès des États-Unis de Colombie, autrefois Nouvelle-Grenade. Il y allait demander avec insistance quelques modifications importantes au contrat de concession signé avec le gouvernement colombien : notamment une prolongation des délais fixés pour la constitution de la société définitive, et la suppression de quelques clauses restrictives, de celle surtout qui nous obligeait à creuser le Canal absolument à ciel ouvert, sans écluses et sans tunnel.

Cette dernière condition nous gênait extrêmement, car le tracé par le San Blas ou le Tupisa et TAcanti exigeait un long souterrain, et, dans le cas possible où des difficultés, politiques ou autres, qu'on pouvait prévoir, nous empêcheraient de suivre une voie parallèle au chemin de fer de Colon à Panama, il faudrait

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bien, bon gré mal gré, se rabattre sur l'un ou l'autre

de ces projets.

Le temps pressait. M. Parra, président des Ëtats- Dnis de Colombie, devait être remplacé le 1" avril par M. Trujillo. Par suite des changements que cetti^ transmission de pouvoir amène trop fréquemment ' dans la haute administration de la République, le gouvernement aurait bien d'autres aflaires en tête que celle liu Canal, tu o !, modifications â porter au contrat de co .u.i ..„ , ouvant étre'faites que par une loi, tes uuuit;iles clauses, une fois approuvées par le ministère, ^nl être discutées en trois lectures à la Chan. Jes représentants et an Sénat; et, bien entendu, »» ne les voterait pas sans , un certain luxe d'amender ; plus ou moins longue- i ment débattus, comme il k.v....ient en tout pays c sin- \ cÊrement parlementaire ».

Ce projet aurait donc à passer plusieurs fois d'une Chambre à l'autre avant que l'entente se fît; puis, finalement, à reparaîtra, à deux reprises différentes, devant chacune des deui Assemblées. Tout cela demandait un temps infini, et pour comble de malheur, le Congrès devait être prorogé deux mois après l'accès au pouvoir de H. Trujillo.

En suivant la route ordinaire, M. Wyse ne pouvait gagner Bogota en moins d'une trentaine de jours. Pendant celte période de l'année, le Magdalena, ce grand fleuve, est au plus bas ; on s'enlîze sur les bancs, on échoue contre les troncs envasés, et il faut

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