GEORGETTE, S A I NT-CHINON
Georgette, assise sur un fauteuil à côté de la table, lit la Vie parisienne . Soint-Chinon, appuyé sur le dos du fauteuil, tombe doucement aux pieds de Georgette.
GEORGETTE, sans quitter son journal.
Ciel ! mon mari !
SÀINT-CRINON, so relevant.
Votre mari !
Non, madame. — Il fait des boutures Et sème, d’un œil attendri,
Ses œillets de Chine en bordures.
Dans quelle terre glaise a-t-il été pétri,
Ce propagateur des roses,
Qui transplante à genoux ses lis et ses pourpiers,
Quand il pourrait, à vos pieds,
Dire de si douces choses!
PAN AZOL
GEORGETTE, avec calme.
Plus bas, par grâce, plus bas.
SAINT-CHINON
Ah! convenez, au moins, que vous ne l’aimez pas.
GEORGETTE, se levant .
Monsieur de Saint-Chinon !
SAINT- CHINON
Madame!
GEORGETTE
Je suis sa femme.
SAINT-CHINON
Et pourquoi? Juste ciel! Pourquoi?
GEORGETTE
Il avait, dans un ministère,
Un emploi,
Je ne sais quoi ;
C’est ce qui subjugua mon père.
SAINT-CHINON
Un emploi, dont il s’est défait ?
GEORGETTE
Tout à fait.
J’étais riche et fille unique ;
Je recevais l'hommage platonique De fort jolis messieurs roucoulant en bémol;
Et j’ai pris monsieur Panazol !
Je le trouvais laid et morose;
Mais il avait des airs contrits,
Il était chef de quelque chose,
Ses fonctions l’attachaient à Paris :
Je l’ai pris.
Et quatre jours après, le traître Démasquait son humeur champêtre,
* Snint-Cliiüon, Gcorgette.