SCÈNE TROISIÈME
Pour m’installer en province.
On n’a pas achevé de jeter les hauts cris.
• Le beau-père et la belle-mère,
Dans une apostrophe amère.
Me traitèrent de scélérat;
Mais rien n’était prévu dans le contrat.
J’avais rendu ma plume une heure avant la noce. J'abandonne à ma femme un fort joli denier;
Le reste me suffit pour être jardinier :
Je ne veux pas rouler carrosse.
J’ai trouvé le bonheur parfait.
Chaque jour est un dimanche ;
Ce que je fais est bien fait ;
Je n’ai plus d’habit noir ni de cravate blanche,
Et je ne connais pas monsieur le sous-préfet.
Enfin, il faut, ici, que ma femme m’adore.
Les maris sont charmants dans ce cadre incolore.
A Paris, en huit jours, on est échec et mat ;
Mais je peux, à Soissons, braver le minotaure.
U passe & gauche. *
SAINT-CH1N0N
Le craignez-vous ?
PANAZOL.
Oui, je ne suis point fat.
S A 1 NT-CH I NON
Si j’en crois ma tante,
Une femme compétente,
Veuve d’un juge et de deux substituts,
Madame Panazol a toutes les vertus.
PANAZOL.
Et rien ne la tente.
Remontant.
Va, je m’attache à ton sol,
Ville calme, honnête et laide.
* Panazol, Saint -f.lnnnn.
Si madame Panazol S’obstine à te quitter, je plaide.
Suis-je le maître ou non? — Le reste m’est égal.
Que monsieur Malissard fasse tous les vacarmes :
Ma femme doit me suivre au logis conjugal.
SAINT-CHINON
Oui, vous avez pour vous le code.
PANAZOL.
Et les gendarmes.
SAIN T-CH 1N0N
Absolument.
Vous êtes mon ami.
SAINT-CHINON
Quand je me donne, moi, ce n’est pas à demi.
PANAZOL.
Bon Saint-Chinon ! Mettez votre main dans la mienne.
SAINT-CHINON
Vous n’aurez pas d'ami plus sûr.
PANAZOL.
Alors, s’il faut qu’on me soutienne...
SAINT-CHINON
Comptez sur Arthur.
PANAZOL.
Arthur 1 Tiens! tiens! — C’était mon nom de guerre.
SAINT-CHINON, étonné.
Ab ! bah ! vous avez guerroyé?
PANAZOL.
Sournoisement, quand j’étais employé,
Sans faste, sans éclat, dans un quartier vulgaire.
SAINT-CHINON
Vous, si paisible !
PANAZOL.
Oh i oh ! je fus tumultueux,