‹ Pancréatites chroniques avec ictère: Causes, diagnostic et traitement; Valeur et résultats éloignés de la cholécystogastrostomieChapitre 59 sur 81 · I. — EXISTE-T-IL DES TROUBLES GASTRIQUES · texte numérisé non relu

I. — EXISTE-T-IL DES TROUBLES GASTRIQUES

1° La forme de l'estomac paraît peu modifiée. Le glissement de la vésicule hors de la fossette cystique explique, joint au léger déplacement général de l’estomac à droite, le peu de modification morphologique du viscère. Nous avons. noté que le fond de la vésicule pouvait se superposer au point où le ligament suspenseur émerge sous le bord antérieur du foie.

Pous éviter des tractions pouvant souder la vésicule plus facilement déformable que l’estoinac, il est une utile précaution, qu’à utilisée plusieurs fois notre Maître, M. le Professeur Bérard, qui est de suspendre la région anastomotique au ligament falciforme lui-même, réalisant d'emblée un rapport que

nous avons vu s'établir spontanément

Oss. J, M. le Professeur Bérarp. — H., 49 ans, opéré le 23 avril 1921, pour un ictère datant de trois mois, avec ascite . et œdème des jambes, sous rachianesthésie. La vésicule distendue, énorme, masque une {fumeur considérable de la tête du pancréas refoulant le duodénum. Cholécystogastrostomie

à trois plans, à la suture, au catgut, et on fixe la région

Lot

prépylorique au foie par l'intermédiaire du liguuent rond pour éviter les tiraillements. Guérison opératoire. Le 29 jullet 1921, état satisfaisant, disparition de l’œdème des jambes. Appétit parfait, aucun trouble de la digestion. Pas de reprise de poids. Décès le 1° octobre.

Oss. K, M. le Professeur BÉRARD. — Intervention analogue faite chez un homme de 60 ans, le 26 mai 1921, porteur également d’un cancer de la tête du pancréas (ictère permanent depuis un mois et demi), avec vésicule très distendue. Guérison opératoire. Amélioration. Mort six mois après sa sortie de l’hôpital.

La radiologie nous montre, d'autre part, deux types de déformation, dans lesquels d’ailleurs intervient pour une part la réaction du muscle gastrique, et pour une autre la suspension de la région prépylorique : :

1) Estomac en J, avec formation d’un bas-fond au niveau de l’antre (Obs. 104).

2) Angulation nette sur la petite courbure, avec, parfois, une encoche correspondante sur la grande courbure. Le segment susjacent à l’angle est oblique en bas et à droite, le segment inférieur décrit une courte anse pour se continuer dans le duodénum. Cette angulation ne correspond pas à l'implantation de la vésicule ; elle est sans doute en rapport avec la traction générale de l’estomac sur la droite, qui fait superposer parfois le petit cul-de-sac et la seconde portion du duodénum.

2° Les modifications du transit gastrique n’ont pu se prêter à aucune formule générale, Donnée classiquement comme normale, l'évacuation gastrique

nous à paru dans 3 cas être paresseuse, dans 2 autres être, par contre, accélérée notablement, tant à l’exploration radiologique qu’à l'épreuve du tubage. Dans un cas seulement, nous avons noté l’existence de liquide à jeun (Obs. 104). Le jeu complètement anormal des différents facteurs chimiques explique aisément la variabilité des réactions pyloriques.

3° Le milieu gastrique reste toujours acide, quelle que soit la quantité de bile que renferme l'estomac. Cette notion classique s’est trouvée vérifiée par toutes nos recherches chimiques. Lorsqu'un afflux biliaire tend à neutraliser l'acidité du chyme, on assiste à une hypersécrétion chlorhydrique. Les épreuves de provocation de la sécrétion acide ont toujours été positives. La digestion gastrique n’est en rien troubiée par la fistulisation de la vésicule dans l’estomac.

Le trouble apporté au fonctionnement de l’estomac est donc absolument insignifiant. Il n’y a aucun intérêt physiologique à faire porter l’anastomose sur le

duodénum.

Page 1