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DIAGNOSTIC

L'absence d’un signe pathognomonique de la pancréatite chronique, l'incertitude de sa symptomatologie délicate et complexe, les difficultés matérielles d'exploration d’un organe profondément caché dans l'abdomen créent les hésitations du diagnostic.

On devra songer à une inflammation chronique du pancréas, si un malade se plaignant de troubles digestifs déjà lointains, accuse des douleurs plus ou moins vives à l’épigastre ou à l'hypochondre droit, avec des paroxysmes en rapport avec les phénomènes de la seconde digestion (deux heures après les repas) ; l’amaigrissement rapide et excessif souvent compatible avec un état général relativement bon ; la steatorrhée, le teinte subictérique seront de précieux adjuvants pour la précision du diagnostic.

À la palpation, on pourra sentir une véritable tuméfaction, du moins percevoir une sensation de résistance et l’on provoquera de là douleur au point de Desjardins ou dans la zone de Chauffard, du moins dans les céphalopancréatites.

L'insufflation modérée de l’estomac permettra de se rendre compte que la tumeur perçue à l’épigastre est indé-

pendante de l'estomac ou du pylore. Les signes physiques

os

souvent trompeurs seront complétés par l’étude du fonctionnement du pancréas.

Après l'administration d'un repas d'épreuve, on mesurera la durée de la traversée digestive, on vérifiera la présence anormale de graisse, de fibres musculaires non digérées. Le microscope analysera les fèces, recherchera les noyaux de Schidt. Les urines seront analysées.

Avec ces données, le diagnostic d'inflammation chronique peut se préciser, mais il est des cas où l'affirmation devient moins positive.

Une tumeur maligne de l'estomac ou du pylore (observation de Leriche), une tumeur rétro-péritonéale peuvent égarer le diagnostic et souvent seule la laparotomie exploratrice peut le trancher. D'ailleurs, il est parfois très épineux d'apprécier le degré plus ou moins grand de sclérose du pancréas : s'agit-il d’un cancer ou d’une pancréatite chronique ? Le toucher à travers la plaie de la laparotomie est souvent infidèle et dans ces cas c’est seulement l’évolution ultérieure qui donne le dernier mot. Un cas rapporté par M. Leriche, dans le Lyon Chirurgical (septembre 1910), est à ce sujet très significatif ; dans ce cas le diagnostic de tumeur du côlon à cause de la mobilité apparente est posé ; la laparotomie sus-ombilicale montre un pancréas très augmenté de volume, dur, non adhérent aux plans vertébraux : les bosselures perçues à la surface de la glande font penser à un cancer du corps du pancréas. On referme l'abdomen et un an et demi après la guérison restait parfaite : il s'agissait probablement d’une pancréatite chronique. C'est en effet avec le cancer du pancréas que le diagnostic se pose le plus souvent, mais

cependant dans le cancer du pancréas l'ascite est la règle,

Hs —

l'amaigrissement est progressif, l'état général profondément altéré, la vésicule dilatée (signe de Courvoisier-Terrier), les douleurs sont moins vives et ne présentent pas de rapports avec les fonctions digestives,

Toutefois, de grandes hésitations sont permises, même après l'intervention, et Fon peut dire que seul le temps fait le diagnostic. |

L'intensité des phénomènes douloureux, la production de véritables crises pourra égarer le diagnostic et faire songer au début à une colique hépatique : la malade de MM. Leriche et Savy est entrée à l'hôpital avec ce diagnoslic très plausible. On pourra se poser la question d'un ulcère stomacal où duodénal, d'un cancer des voies biliaires ou d’une poussée d'angiocholécystite.

On différenciera surtout la pancréaltite non biliaire qui nous occupe de la pancréatile biliaire : celle-ci s'accompagne de symptômes de cholécystite, de douleur au point vésiculaire, de lempéralure, d'une grosse vésicule au début.

Le caractère pourtant si précis des douleurs peut être encore une cause d'erreur : l’analogie de la douleur pancréatique avec les crises gastriques du tabès est grande ; elle présente la même acuité, la même souveraineté, la même résistance à la thérapeutique habituelle ; une enquête clinique s'impose donc qui devra rechercher tous les signes du tabès.

Les caractères de la tumeur ne sont pas pathognomoniques ; la tumeur difficile à sentir, irrégulière, un peu bôsselée, donne l'impression d’une masse profondément située, douloureuse, indépendante des mouvements res-

piratoires. On pourra éliminer les tumeurs de l'estomac,

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