INTRODUCTION ET HISTORIQUE
Les rapports anatomiques étroits des deux glandes digestives principales, le foie et le pancréas, permettent d'admettre une association des deux organes. Il semble, en effet, que la nature ait voulu accorder à ces deux organes une synergie fonctionnelle en accolant, du moins sur une partie de leur trajet, leurs canaux excréteurs, avant leur réunion au niveau de l’'ampoule de Vater.
Des expériences déjà anciennes de CI. Bernard et de Dastre ont montré que les relations anatomiques des deux organes solidaires entre eux avaient pour corollaire une action digestive synergique.
Depuis le jour où les chirurgiens se sont préoccupés des interventions sur le foie et les voies biliaires, ils ont remarqué que les rapports de contiguïté du canal cholédoque avec la tête du pancréas avaient une conséquence pathologique immédiate et fréquente ; comment ne pas comprendre le retentissement des lésions inflammatoires des voies d’excrétion de la bile lorsqu'on voit le cholédoque se frayer un chemin à la face postérieure de la tête du pancréas, quelquefois même à son intérieur.
L'étude anatomique des deux glandes qui éclaire pour une part leur fonctionnement synergique, motive en l'ex-
pliquant leur influence pathologique réciproque.
Rene
Depuis longtemps déjà, en 1876, Chiari et Klebs signalent le rôle étiologique des calculs biliaires nés de l'infection biliaire dans la pathogénie des pancréatites.
L'étude de ce rôle est reprise plus tard par Requiald Fitz.
Pendant les années qui suivent les interventions pour lithiase se multiplient, leurs indications se précisent, les lésions anatomo-pathologiques se fixent et à cette période se rattachent les noms des chirurgiens allemands et américains : Kœnig, Kôrte, Mayo-Robson.
En France, Lanceraux, dans son Traité des Maladies du pancréas, mentionne les lésions inflammatoires directement en rapport avec la cholélithiase.
Depuis, les travaux se succèdent parmi lesquels il convient de citer ceux de Terrier, de Quenu, Dieulafoy, de Duval (Revue de Chirurgie, 190), qui ont pu réunir 118 observations de pancréatites chroniques biliaires. La même année, Desjardins, de Paris, consacre sa thèse sur les pancréatiles.
En 1906, Daviau étudie « quelques points de la séméiologie de la pancréatite chronique » et Reynaldo dos Santos considère, dans une thèse, l'aspect chirurgical des pancréatites chroniques. Mayo-Robson, au Congrès de Budapest, rapporte une statistique opératoire de 102 observations, dans lesquelles un des premiers il distingue les cas de pancréatite chronique associés à la lithiase biliaire el ceux indépendants de la lithiase.
Après avoir donné une définition de la pancréatite chronique, nous envisagerons ses rapports connus avec la lithiase biliaire à laquelle jusqu’à ces derniers temps on a attribué un rôle étiologique presque exclusif ; au cours
d'un essai de pathogénie, nous montrerons qu'on doit