UNE CHANSONNETTE
Ma chansonnette lascive Ne demande qu'à voler, Et même un peu de lessive Ne me fait pas reculer.
Ça me change, moi le mage Et le prophète effaré.
De voir Colinette en nage M'apostropher dans un pré,
Et, flamboyante carogne.
Fourche en main, crier, oui-dà :
— Ça va cesser, où je cogne !
A-t-on vu cet enflé-là !
C'est convenu. L'on s'en lasse.
On n'en veut plus. Ici gît.
Soit. C'est dommage. Tout passe, D'Arlincourt et Marchangy.
Soyons simples. Adieu, fête.
Me voici, flûte ; adieu, cor.
Je suis brise ; adieu, tempête.
Je suis...... Allons, bon ; encor !
O Fantithèse tenace !
Le procédé forcené !
O trope, à ta double face Que je suis acoquiné !
Je suis le doigt ; toi, Técorce.
Je suis poisson ; toi, filet.
Qui vaut mieux, du tour de force Ou du tour de gobelet ?
Vous aimez Blois ; moi Dunkerque.
Votre goût dit foin au mien. Parmentier vaut Albuquerque ; Sapristi vaut Nom d'un chien !
La canne sied au podagre, Le zéphyr sied au roseau ; Tout critique est un onagre.
Tout poète est un oiseau.
« Ainsi babille ma muse ;
Tout est de se mettre en train.
Je peux, si çà vous amuse,
Aller jusques à demain.
Myosotis et Pivoine !
Spartacus et Trou-Bonbon !
Saint- Vincent et Papavoine !
Aurore et brume Ah ! c'est bon l
UNE CHANSONNETTE. iSg
Parfois il me semble entenare Des bourdonnements lointains :
Je me penche et crois comprendre Qu il s*agit de mes refrains.
On me discute, on m'affirme ; Paris d'articles est plein.
Un journal dit : — Quel infirme !
Un autre dit : — Quel malin !
Moi, je souris. Laissez dire.
Dieu, dont l'arrêt est sacré, De moi fit un homme-lyre : Le vent soufflait, j'ai vibré.
Non, ce ne sont pas chimères Les vers que je vais sonnant ; J'en appelle à vous, ô mères :
Vous savez le Revenant !
O place Royale ! ô plg^ce !
Souvenirs non décriés !
Jeunes gens, c'est moiqui passe ; Cachez vos noirs encriers.
l6o PANIER FLEURI.
Jeunes gens, je suis le maître.
Si Tun de vous raille ici, Je lui pardonne. Peut-être Est-ce un peu ma faute aussi ;
Car, dans ce livre délire, Qu'il fallait vous dédier, Tel à qui j'appris à lire Apprend à parodier. ...