DE JEANNETTE
J'ai rendu mon tablier à madame. Cela ne pouvait pas durer. Il y avait trop longtemps qu'elle me faisait des avanies à propos de tout. « Jeannette, d'où venez-vous ? Jeannette, votre cuisine est bien mal tenue ! » C'était énervant,
à la longue.
J'ai rendu mon tablier !
Est-ce qu'elle ne voulait pas m*entreprendre, parce qu'elle avait trouvé un bouton d'uniforme dans le pot-au-feu! Voilà-t-il pas une affaire \ . On n'est pas dégoûtée comme cela. Je lui ai dit : a Si madame n'est pas contente de mon service, elle peut chercher une autre bonne. »
Je lui ai mis cela dans la main, comme le soleil nous éclaire.
J*ai rendu mon tablier 1
Ou plutôt, je le lui ai jeté sur ses fourneaux. Je crois même que j'ai cassé le lacet. Si tu crois que je tiens à ta baraque l II n en manque pas de places comme la tienne. Je ne regrette que Monsieur, qui était poli avec moi.
J'ai rendu mon tablier !
Ce soir, après son ouvrage, la grande Marie viendra m'aider à porter ma malle. Elle connaît des chambres à bon marché, dans un hôtel garni tenu par une de ses cousines. J'arrangerai cela bien proprement. Le portrait de Jules au-dessus de mon lit.
J'ai rendu mon tablier !
Me voilà libre ! Je ne me replacerai pas avant huit jours. Je veux respirer et prendra du bon temps ; j'ai assez fatigué tout l'hiver. D'abord, j'ai pas mal de petites choses à raccomnioder pour moi. Il y a^e quoi m'occuper pendant la journée.
J'ai rendu mon tablier !
Le soir, j'irai au bal, au Grand-Turc, à l'É-