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©riflinr îrc Cqon, Situation , JHoruro, Commerce et gommes Célèbres.
Les savants disputent depuis long-temps sur la fondation de Lyon; l'opinion la plus commune la fait remonter à quarante ans avant J. C. Cette ville fut bâtie quelque temps après la mort de César , par le consul Lucius Munatius Plancus, au confluent du Rhône et de la Saône , d’où est venu Lucii Dunum , par abréviation Luc Dunum , puis Lugdunum.
Sa situation avantageuse détermina bientôt à l’embellir. Le triumvir Marc-Antoine y fit construire un magnifique aqueduc.
Agrippa, gendre d’Auguste, en fit, l’an de Rome 740, le centre de quatre grands cheminsquipartageaient les Gaules. Soixante cités, que le commerce déjà considérable de cette ville y attira , élevèrent à frais communs un temple à Auguste.
Ce temple , dix ans après son érection , devint le lieu des séances d’une académie ou lycée d’éloquence , dont les réglements décèlent la férocité bizarre de Caligula , son fondateur. Celui des concurrents qui produisait un mauvais ouvrage, l’effaçait tout entier avec la langue, sous peine d’être précipité dans le Rhône.
Cent ans après la fondation de Lyon, lorsque cette ville, embellie d’une infinité de monuments, le disputait aux plus florissantes villes des Gaules, un incendie, qu’on attribua au feu du ciel , la réduisit en cendres.
Entre une ville considérable , dit Sénèque, qui parle avec énergie de cet embrasement , et une ville anéantie , il n’y eut que l’espace d’une seule nuit. On trouve encore , en creusant dans la montagne de Fourrières, des
monceaux de charbon , des métaux fondus , des plaques de marbre et de jaspe , etc. , qui attestent ce malheureux événement.
A la sollicitation de Sénèque , on vit bientôt Lyon renaître de ses cendres.
Trajan y fit construire un édifice magnifique, destiné aux marchés, aux foires et aux tribunaux de justice. Ce monument, qui s’écroula l’an 840 de notre ère chrétienne , est qualifié , dans plusieurs chroniques du neuvième siècle , de Forum vêtus , dont on a fait Fort viel , puis Fourvières , nom que porte encore le quartier où il existait.
Ce ne fut qu’en 552 que Lyon fit partie de la France. Malgré les ravages que lui ont fait éprouver les courses des Goths et des Sarasins dans le huitième siècle , et les guerres civiles dans îe seizième , on y trouve les restes d’un aqueduc et de plusieurs constructions qui en dépendaient. Sur la montagne de Fourvières , on rencontre une infinité d’inscriptions antiques, deux tables de bronze , déterrées en 1 5?.8 , sur lesquelles sont gravés deux fragments de la harangue
que l’empereur Claude prononça au sénat de Rome , pendant qu’it était censeur , pour le déterminer à accorder à la ville de Lyon, sa patrie , le titre de Colonie romaine.
Deux rivières considérables traversent et bordent Lyon : la Saône , dont le cours est très lent, baigne le pied de la montagne de Fourvières, au bas de laquelle est un quartier considérable de la ville; le Rhône , dont le cours est très rapide et presque en ligne droite, sépare la ville de la promenade des Brotteaux et du faubourg de La Guillotière, et reçoit les eaux de la Saône à l’extrémité méridionale de Lyon , au dessous du pont de La Mulatière. La partie la plus étendue et la plus peuplée de la ville, se trouve placée entre ces deux rivières.
Lyon est dominé par deux montagnes , celle de Fourvières , sur laquelle, dans son origine , cette ville était bâtie , et la montagne Saint-Sébastien , qui s’élève en amphithéâtre entre le Rhône et la Saône.
La population de Lyon , évaluée en 1 762 à environ 160 mille âmes, en 1791 à i 5 o mille,
s’était beaucoup diminuée depuis et pendant la révolution; le retour à la paix l’a de nouveau augmentée , et l’on compte aujourd’hui plus de 200 mille âmes, y compris les faubourgs.
Les manufactures, qui occupent au moins quatre-vingt mille personnes , peuvent se diviser en trois classes. Dans celle du premier ordre, sont ces étoffes d’or, d’argent et de soie dont les étrangers nous envient la perfection. Les galons , rubans et passements occupent les manufactures de deuxième classe.
La bonneterie, les tulles, la chapellerie et 1 # librairie tiennent le troisième rang. A ces grandes fabriques , qui absorbent , années communes , pour plus de douze millions de matières , sont subordonnés les travaux des tireurs d’or, des fileurs de soie, des teinturiers , etc.
Parmi les hommes dignes de mémoire à qui cette ville a donné le jour, on distingue : Sidoine Apollinaire , écrivain du cinquième siècle, qui nous a laissé neuf livres d’Épîtrcs, et vingt-quatre pièces de vers ; les empe-
renrs Marc-Aurèle et Caracalla , et Abutius Liber alis Germanicus , petit-neveu d’Auguste par sa mère (On sait que tout l’empire romain pleura ce jeune prince , mort h trente-quatre ans du poison que lui fit donner le cruel Tibère, son oncle, jaloux, de ses victoires et de ses vertus.); le grand saint Ambroise , dont le père était préfet du prétoire ; l’empereur Claude , qui fut empoisonné par Agrippine, sa nièce et sa sixième femme; Gui Pape , célèbre dans le barreau; Poivre* intendant h l’île de France ;
* 'Philibert de T Orme , si connu, tant par ses ouvrages sur l’architecture, que par les bâtiments dont il dirigea la construction , parmi lesquels je citerai le palais des Tuileries; >
Soufflot , non moins célèbre par l’immortel ouvrage du Panthéon, que les étrangers admirent à Paris ; les frères Coustou , Coisevox , sculpteurs fameux; Audra n , graveur distingué ; Antoine Jussieu , professeur de bota- j
nique ; Clémence de Bourges , surnommée la Perle des Demoiselles lyonnaises, qui mourut de douleur de la perte de son amant;
Paradis , le père Colonia , connus par leurs histoires de Lyon; Sport , médecin et poète; Falconnet ; Poutheau , im des plus habiles chirurgiens du dernier siècle; Louise Labè , plus connue sous le nom de la Belle-Cordière , objet du culte de tous les savants de son siècle , dont les Œuvres ont été imprimées en j 556 (i); Jacques Stella , qui a excellé dans les pastorales et les jeux d’enfants; Descurgues , l’ami de Descartes ; le mécanicien Truchet , inventeur des tableaux mouvants ; le jésuite Ménestrier , auteur d’un grand nombre d’ouvrages sur les médailles, inscriptions, emblèmes, devises; Terras son , à qui nous devons le roman de Sétlios , dont Fénélon n’eût pas désavoué certaines peintures y Borde % poète et philosophe; de Fleurie u, de l’Institut, conseiller d’état, sénateur , etc. ; l’architecte Rondelet ; l’abbé Rozier , à qui l’on doit un grand nombre
i Elles viennent de l’être de nouveau par les soins deMM.Breghot du Lut etPéricaud , de l’académie de Lyon. ( Lyon. — Durand et Perrin. 1824.)
d’ouvrages marquants dans l’agriculture 5 Bour gelât , fondateur des écoles vétérinaires d’Alfort et de Lyon ; Boissieu , peintre et dessinateur d’un grand mérite; Chinard , un des sculpteurs les plus distingués ; Gilibert , Vitet , Petetin , Dumas , Petit , botanistes, médecins et chirurgiens les plus renommés , que la mort a moissonnés de nos jours, et de qui il nous est resté de longs et doctes ouvrages surles sciences qu’ils professaient avec gloire ; Claret de La Tourrette , savant botaniste; Jambon , mécanicien fameux; //énon, vétérinaire de mérite; de Laurencin , poète aimable; Morel, à qui l’on doit l’excellente Théorie des jardins; Delandinc , bibliothécaire, connu par sa vaste érudition et ses nombreux ouvrages , où l’on trouve à la fois l’homme aimable et le littérateur instruit; le maréchal Sachet , duc d’Albuféra; le général Duphot , assassiné à Rome ; Dubost, excellent peintre de chevaux ; l’archevêque de Toulouse (Primat)', l’évêque de Versailles ( Charrier de La Roche)-, le célèbre abbé Morelet', le sculpteur Lemot', le critique
et spirituel Lemontey ; l’ingénieux poète jyfontperlier ; Camille Jordan , dont la tribune nationale a garde le souvenir ; etc. 1
Lyon , situe' dans le climat le plus tempéré du royaume, dit M. l’abbé Guillon dans son excellent Tableau historique de cette ville, 11e connaît point les froids extrêmes des villes du nord de la France , ni les chaleurs brûlantes des provinces méridionales. Cette ville offre des sites également agréables et commodes à ceux qui veulent habiter les lieux élevés, et à ceux qui préfèrent la plaine : ceux-ci ont en perspective une colline délicieuse, dont la vue pittoresque a toujours enchanté les étrangers.
Comme dans toutes les villes anciennes , une multitude de petites rues étroites et tortueuses nuisent à la beauté de 1 ’ensemble de Lyon; mais le voyageur est bien dédommagé du désagrément de quelques quartiers, par
1 Nous n’avons, dans cette courte notice, mentionné que les hommes morts; nous aurions pu même en grossir la liste.
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la magnificence de plusieurs autres. Les quais du Rhône , ceux de la Saône ; la place Louis-le-Grand , celles des Terreaux et des Célestins, de Satlionay et de Louis XVIII • rHôtel-de-Ville , le palais Saint-Pierre , le Musée , la loge du Change , la salle de Spectacle , les travaux Perrache j l’Hôtel-Dieu , le plus magnifique établissement en ce genre que la France possède, la Charité 5 l’agréable promenade des Tilleuls , plusieurs temples y la salle de la Bibliothèque \ le palais de l’Archevêché, la Cathédrale 5 le pont Tilsitt , le pont Charles X , le pont Morand , dont l’architecture en bois est aussi solide que surprenante par sa traversée , ceux d’Ainai et de Serin ; les cours Monsieur , du Midi et d’Herbouville •, la galerie de l’Argue, le jardin des Plantes , et une infinité d’édifices particuliers , réunissent tout ce que l’art , le bon goût et l’opulence peuvent produire à la fois de somptueux, d’étonnant et d’agréable. 1
i Nous nous sommes servis ici des propres ex-
C’est à Lyon qu’un de nos meilleurs écrivains , Thomas , a rendu les derniers soupirs. Au bout d’une carrière marquée par les succès , ce grand homme , loin encore de la vieillesse par les années , mais rapproché d’elle par ses travaux , revenait de Nice , où les bienfaits d’un climat plus doux avaient semblé’ lui promettre quelque adoucissement à ses souffrances ; mais elles n’étaient qu’assoupies. Leur réveil l’attendait à Lyon , et cette ville , où les belles-lettres honorées l’avaient plus d’une fois couronné , n’eut plus qu’un cyprès ù lui consacrer. Ce moment fut douloureux pour M. de Montazet , archevêque de Lyon : une constante amitié les avait unis, et c’est un rôle pénible que celui d’être spectateur de la mort d’un sage. Dans l’église d’Oullins, village à la porte de Lyon, où se trouvait la campagne de l’archevêque , on voit le mausolée que l’estime et l’amitié de ce prélat ont érigé au célèbre écrivain.
pressions de l’Auteur de Y Abrège des voyages en Europe.
Les charmes que la nature a répandus avec profusion sur le territoire de Lyon, les moeurs engageantes de ses habitants, les ressources innombrables que l’esprit et les arts y trouvent , justifient bien l’enthousiasme d’un poète distingue' , qui l’admirait encore en revenant d’Italie. Après avoir vu les agréments délicieux de Tibur et les majestueuses beautés de Rome , il s’écriait :
Enfin , je vous revois , ô ma chère patrie,
Lyon , temple sacré des arts, de i’iudustric !
Que mon ame est émue en parcourant des yeux Ces plaines , ces coteaux heureux ,
Ces remparts , ce vaste rivage ,
Ces fleuves amants de ces bords ,
Qui , de les embellir disputant l’avantage , Confondent à l’envi leurs flots et leurs transports !
Tout le monde connaît les jolis vers que Voltaire adressa en 1754 aux habitants de cette ville :
Il est vrai que Plutus est au rang de vos dieux , '
Et c est un riche appui pour votre aimable ville :
te
•il
Il n’a point de plus bel asyle ;
Ailleurs il est aveugle , il a chez vous des yeux 5 Il n’était autrefois que dieu de la richesse,
Vous en faites le dieu des arts.
J’ai vu couler dans vos remparts Les ondes du Pactole et les eaux du Permesse.
Et ceux de l’immortel J. J. Rousseau :
Ville heureuse qui fais l’ornement de la France , Trésor de l’univers , source de l’abondance ,
Lyon , séjour charmant des enfants de Plutus, Dans tes tranquilles murs tous les arts sont reçus : D’un sage protecteur le goût les y rassemble : Apollon et Plutus , étonnés d’être ensemble.
De leurs longs différents ont peine à revenir ,
Et demandent quel dieu les a pu réunir.
De mille éclats divers Lyon brille à la fois.
Et son peuple opulent semble un peuple de rois.
Un grand nombre de routes aboutissent à cette ville; aussi est-elle l’entrepôt principal où les productions du midi s’échangent avec celles du nord.
Les environs de Lyon produisent des vins excellents : nous citerons ceux de Condrieux, de Sainte-Foi, de Côte-Rotie, des Barrolles, de Millery, des bords du Rhône, de Lachassagne , de Fleury, etc. On trouve presqu’aux portes de Lyon des carrières de pierre de construction, des mines de cuivre et de plomb , des tuileries, des minerais, etc.
places publique.