HÔTEL-DIEU
C’est un des plus anciens établissements en ce genre. Le roi Childebert , fils du grand Clovis, et la reine Ultrogothe, sa femme, le fondèrent au commencement du sixième siècle.
Son principal bâtiment est en forme de <roix , dont la hauteur et la croisée ont également trois cents pieds d’une extrémité à l’autre. Les appartements ont trente-deux pieds de large et environ vingt-cinq de haut.
Il y a 'des ouvertures entre les solives du plancher supérieur, dont les deux, tiers sont vitrés , et plusieurs ont deux fenêtres. Chaque pièce a deux rangées de lits, dont tous les soutiens sont en fer. Au centre, sous un dôme, est un autel octogone, dont charpie partie de la croix a la vue. Les prières , qu’on y lit deux fois par jour, peuvent être entendues de tous les appartements, et le prêtre est vu de tous ceux qui sont dans les lits.
Cette partie de l’appartement est destinée pour ceux qui ont des maladies fébriles ; les autres le sont pour les blessés, les femmes en couche, et les enfants trouvés. Toutes les classes sont séparées. Il y a une chambre pour les opérations chirurgicales. Les appartements qui sont en croix sont si aères , qu ils ne sont point malsains. Il y a encore, dans une autre partie de la maison , deux chambres plus élevées, plus aérées, plus agréables, appelées chambre des convalescents ; c’est lu qu’on reçoit ceux qui sont guéris , sans avoir recouvré leurs forces. Ils vont manger au dessous, dans le réfectoire.' Ces chambres
leur sont très utiles, et sont une excellente précaution contre les fièvres hectiques ou lentes.
Tout y est propre et tranquille. Quatre aumôniers sont attachés à cette maison. Il y a neuf médecins et chirurgiens , et plus de cent cinquante sœurs qui servent les malades , et préparent , ainsi que l’administrateur, les remèdes prescrits. Il y a dans ce but un laboratoire et une apothicairerie , consistant en cinq ou six grandes chambres , les plus propres et les plus élégamment rangées qu’on puisse imaginer. Cet hôpital peut contenir un grand nombre de malades.
La magnifique façade qu’on a faite dans le dernier siècle, est du célèbre Sonfïïot '. Le dôme majestueux qui le couronne , est du plus grand effet.
1 Ce qui nuisait beaucoup à cette façade , c’étaient les lacunes qui existaient à une des ailes de l’édifice. Mais il y a quelques années qu’une de ces lacunes a cessé d’exister; on va bientôt continuer l’édifice jusqu’à la rue de la Barre, et dans ce moment (1828), ou fait de grands travaux dans son intérieur.
Cet architecte donna , dans cet ouvrage « Une preuve des grands talents qui l’ont illustre'. Les statues du roi Childebert et de la reine Ultrogothe , son épousé , décorent cette façade. C’est un don de feu M. Godinot , ancien adjoint de la mairie -, elles sont dues aux ciseaux de MM. Charles et Prost , sculpteurs lyonnais.
HOSPICE DE tA CHARITE.
Cet etablissement doit son origine à l’un de ces événements qui n’affligent que trop souvent l’humanité.
En 1 55 1 , une famine affreuse désola toute la France, malgré les lois qui prohibent l’exportation des grains. De pauvres habitants des provinces voisines , se réfugièrent à Lyon, au nombre de douze mille, et augmentèrent la misère qui y régnait déjà. Aussitôt les magistrats firent publier qu’ils paieraient le blé vingt sous par année au dessus du prix courant, et bientôt le blé fut plus abondant k Lyon que dans les autres villes du royaume.
Les principaux citoyens s’assemblèrent et s’associèrent au nombre de cinquante , firent • des quêtes et le dénombrement des pauvres étrangers , les divisèrent en cinq quartiers , et leur distribuèrent le pain de l’aumône jusqu’au moment où la nouvelle récolte ramena l’abondance et la tranquillité. Il restait entre les mains du trésorier de cette association , une somme de trois cent quatre-vingtseize livres deux sous sept deniers, et sur cette base étroite on fonda cet établissement.
Les bâtiments de cet hospice sont très vastes. Plusieurs cours, autour desquelles sont de grands corps de logis, servent à en séparer les différentes parties et à donner de la clarté. La façade qui règne le long du cours • Monsieur, est d’une noble simplicité r .
On admet dans cet Hospice , les vieillards des deux sexes qui ont atteint soixante-dix ans et qui sont indigents (leur nombre est de quatre cents), les enfants orphelins ou ex-
i On doit avant peu lui faire subir une grande élévation.
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poses , et les filles enceintes pour y faire leurs couches.
Les salles du travail, les dortoirs et les pièces nécessaires à un établissement de cette importance sont bien distribués.
Le Cours d’accouchement qui s’y fait chaque année , est fort suivi et forme d’excellentes sages-femmes pour la ville et les campagnes.
La pharmacie est bien tenue ; la boiserie de l’une des salles de cette officine est un morceau de bonne sculpture.
La salle des Archives est digne d’être vue.
Dans cette salle on voit un beau tableau de M. Orsel représentant l’Humanité sous les traits d’une femme.
Sous les portiques , au fond de la première cour, on lit sim des tables en marbre noir les noms des bienfaiteurs de cet hospice.
L’entrée principale , sur la rue de la Charité , vient d’être changée (1827); elle est plus en harmonie maintenant avec le reste de l’édifice. Les travaux en ont été dirigés parM. Pollet, architecte. Le bas-relief , exé- 1
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cute par M. Legendre-Herald dans la partie supérieure du nouveau portail d’entrée est à découvert (1828). Six figures, à peu près de grandeur naturelle, composent cet ouvrage, dont le sujet est la Charité ellemême. Jusques à présent , la plupart des peintres et des statuaires qui avaient essayé de représenter cette vertu, s’étaient attachés à la montrer assise , allaitant plusieurs petits enfants placés sur ses genoux. M. Legendre- Herald a cru pouvoir sortir de la routine. La Charité est debout, le sein gauche découvert; elle étend la main gauche vers l’enfant d’une jeune et pauvre femme qui lui demande l’aumône , et de la main droite, elle donne du pain à un malheureux vieillard, également accompagné d’un petit enfant, que l’artiste a représenté la tête et les yeux baissés; un autre petit enfant est assis aux pieds de la Charité, et a la tête et les regards tournés vers elle.