HOSPICE DE L'ANTIQUAILLE
L’hospice de l’Antiquaille , dont la principale entree est par la place de ce nom , est bâti sur l’emplacement de l’ancien palais des préfet du Prétoire ou gouverneurs des Gaules. Plusieurs empereurs romains l’ont habité ; Claude et Caligula y sont nés , et c’est aussi dans ce palais qu’Àntonîa accoucha de Germanicus.
L’Antiquaille n’était qu’un lieu couvert de ruines, et environné de vignes , lorsque Pierre Sala, d’une des familles de Lyon les plus distinguées dans la magistrature, fit élever à la place, l’an i5oo , une belle maison somptueusement bâtie , dans laquelle il réunit les monuments de l’antiquité que ce quartier offrait en abondance. Ce futia destination donnée à cette maison qui la fit appeler du nom de l’ Antiquaille , dénomination que l’on ne trouve nulle part avant cette époque , mais qui lui fut dès lors consacrée. La propriété en passa ensuite à Sym-
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phorien Buatier, autre Lyonnais d’une famille honorable, et après lui , h dame Jeanne Buatier. Mais un décret ayant été poursuivi eu 1629 contre cette héritière, l’Antiquaille fut acquise par la munificence de M. de Sève , pour vingt-un mille six cents livres au profit des religieuses de la Visitation, qui étaient établies dans une maison au Gourguillon.
I/église, bâtie en 1659 , fut consacrée à Notre-Dame et aux Martyrs lyonnais. Au dessous est un cachot qu’on assure avoir servi de prison à saint Potbin ; une colonne en soutient la voûte , et un autel a été élevé auprès, dans l’endroit où J’on croit que cet évêque fut lié.
On trouve dans la première cour de la maison l’entrée de longues voûtes souterraines qui traversent, h une assez grande profondeur, une partie de la montagne. Cet ouvrage , conduit par l’architecte Billion , date du milieu du siècle dernier, et n’avait été exécuté qu’avec des travaux immenses, dans le but de procurer l’eau nécessaire aux besoins du monastère.
Dans l’enclos , sous le chemin qui Ta de la place des Minimes à Fourvières, il existe un souterrain de cent pieds de long, douze de large et quinze de haut ; il est enduit , jusqu’à la naissance de la voûte, d’un ciment rouge extrêmement dur et poli , et un mur très épais coupe en deux parties inégales ce long boyau.
Le monastère de l’Antiquaille avait été supprimé , comme tous les autres ,en 1 792 , et l’église entièrement dévastée, lorsqu’en 1802 M. Najac, préfet de ce département , voulant faire cesser les désordres de tout genre qui s’étaient introduits dans le dépôt de Bicêtre, situé à la Quarantaine, confia ce dépôt à une administration composée de citoyens distingués, et arrêta qu’il serait transféré dans les bâtiments de l’Antiquaille , qui furent rachetés. L’église a été entièrement restaurée en 1817.
L’hospice est destiné à recevoir les filles publiques , qui y sont occupées à divers genres de travaux relatifs à nos manufactures} les individus atteints de maladie ré-
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nérienne •, 1rs insensés des deux sexes , et les enfants dont les fâcheuses dispositions offrent des dangers à la société.
L’hospice de L’Antiquaille renferme près de six cents individus.
Cet édifice, quoique très vaste, a été augmenté, il y a quelques années, non seulement d’un corps de logis considérable, au devant duquel on a établi une terrasse fermée d’une grille de fer, mais encore d’un autre corps de logis au dessous du grand bâtiment, pour y recevoir les femmes aliénées.
Cette construction, d’un caractère analogue à sa destination , est composée d’un rez-dechaussée et d’un premier étage, de forme circulaire, dans lesquels se trouvent plusieurs dortoirs, deux salles de réunion et un grand nombre de cellules. Un portique en pierre de taille, soutenu par vingt-huit colonnes d’ordre toscan , précède les pièces intérieures et leur sert de dégagement*, l’éloignement des ailes parallèles qui vient se rattacher au mur de la terrasse supérieure , laisse une esplanade d’environ cent vingt
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pieds de diamètre, suffisante pour .
appartements, et pour l a p personnes renfermées. ^ és
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Les constructions modernes ont été diri
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des nouveaux bâtiments, on a trouve' une s atue en marbre, dont la tâte manquait. Plusieurs des inscriptions tumulaircs qui sont placées sous les portiques du palais des
Valais de l'archevêché.
Le palais archiépiscopal , demeure des archevêques , a ëtë construit dans le quinzième siècle , par le cardinal de Bourbon , archevêque de Lyon , sur les ruines d’un autre qui , dit-on , remontait au temps de Charlemagne. Le cardinal de Tencin , qui occupa plus tard le même siëge , fit restaurer cet édifice d’après les dessins de Soufflotj mais ce célèbre architecte , soit que le temps , soit que l’argent lui ait manqué, n’a pu donner une forme régulière à cet assemblage disparate de constructions de divers âges.
L’état de l’intérieur répond mieux à l’idée qu’on se forme d’un palais. Les appartements y sont bien distribués, et l’on y remarque quelques pièces qui seraient fort belles, si le mode d’ornements employés à leur décoration ne rappelait trop un siècle 1 qui n’a rien produit dans les arts qui ne fut en-
1 Le siècle de Louis xv. i
taché de mauvais goût. Les croisées des principaux appartements ont leur vue sur la Saône, dont l’aspect riant et varié n’est pas un des moindres agréments de cette habitation.
L 'Archevêché prend son entrée par la me h lacfuelle il a donné son nom , et du côté de laquelle il se lie au bâtiment neuf de la Manécanterie. Deux portails uniformes, construits sur les dessins de Soufflot , aux deux angles nord-est et nord-ouest d’une vaste cour carrée, conduisent l’un dans les appartements, et l’autre à l’église cathédrale. La cour dont nous parlons était autrefois fermée par une grille en fer d’un bel effet*, elle va être rétablie.
La salle dites des Pas-Perdus , la première qu’on trouve en montant le premier escalier, et qui forme le vestibule des différentes pièces de l’aile du bâtiment donnant sur le quai et sur la place Montazet , est une des plus vastes qui soient à Lyon.
On remarque dans la salle de réception les portraits de plusieurs prélats illustres de
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l’Église (le France, entre «utres ceux de Bossuet et (lu cardinal de Bissy Du salon suivant on communique de plein-pied à une terrasse decouverte , située à l’extrémité du bâtiment et de laquelle on a le spectacle animé du bassin que forme la Saône entre le pont Volant et les deux quais qui la bordent. C’est de cette terrasse que les princes qui logent au palais de l’Archevêché , jouissent du coup-d’œil des joutes , feux d’artifice et autres divertissements du même genre qui leur sont offerts lorsqu’ils passent à Lyon.
Des rois de France , des papes et des princes ont logé à l’Archevêché, et notamment le pape Grégoire x en 1273 , le roi Louis Xil en i 5 o 5 , Louis XIII en 1622 , Louis XIV en i 658 ; l’infant don Philippe d’Espagne en 1 744 , Monsieur , frère de Louis xvi , depuis S. M. Louis xviii, en 1775 -, le pape Pie vu
1 Trois tableaux , représentant des traits historiques de l’histoire des martyrs , y ont été placés il y a deux ou trois ans ; ils sont dus au pinceau de peintre» lyonnais, MM. Biard, Soulary et Genod,.
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en 1804 et i 8 o 5 ; Napoléon en i 8 o 5 , après son couronnement , et en i8i5 après son retour de l’île d’Elbe: Madame, duchesse d’Angoulême, en 1814» et dans la même année Monsieur , comte d’Artois , la duchesse douairière d’Orléans , et le duc et la duchesse d’Orléans, avec Mademoiselle et les princes et princesses de leur famille •, en 1 8 1 4 et 1 8 1 5 le prince Émile de Hesse-Darmstadt, et le prince héréditaire d’Autriche*, en 1816, la duchesse de Berri , et plus récemment encore le duc d’Angouléme,
MANZCANTEME.
La Manécanterie, qui tient h l’Archevêché, est un bâtiment d’une assez belle apparence , commencé peu d’années avant la révolution, sur les dessins de l’architecte Décrenice. La première pierre en fut posée en 1768 par M. de Montazet, alors Archevêque, en présence du clergé , des autorités de la ville , et des princesses de Lorraine, de Carignan et
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■ s de Ligne , qui se trouvaient à Lyon à la meme -jj époque.
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9 carrières de Yillebois et de Touraus, ont été"
employés dans la construction de cet édifice , où se trouve maintenant placé le montde-piété»
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