PROMENADE AO FAUBOURG DE VAISE
L’intérieur de notre grande cité offre à l’étranger et au voyageur le spectacle intéressant d’une ville animée par l’industrie et embellie par les arts, mais ils négligent tiop souvent de visiter les faubourgs et les environs. Dans le nombre nous citerons le faubourg de Yaise- L’ayant traversé dernièrement pour aller hors de la ville respirer
Pair pur du printemps, nous avons d'abord remarqué de nombreux embellissements.
Le perré des quais de Bourgneuf se prolonge déjà au delà de l’Homme de la Roche , et sera continué successivement jusqu’au pont de Serin*, ainsi, dans quelques années, une belle avenue aura remplacé les rues sombres et étroites où le voyageur était obligé de passer en arrivant de Paris} ce qui lui donnait une pauvre idée de notre ville.
L’entrée du faubourg de Vaise offre maintenant , du côté de Lyon , un bel aspect. On aperçoit d’abord, à gauche les bâtiments de l’École vétérinaire , dégagée depuis peu des restes de vieilles constructions qui en masquaient l’entrée et la façade; une belle grille en fier liera les deux ailes , et permettra de jouir de la vue du monument. Plus loin , à droite, est l’entrée du pont de Serin, avec deux petits pavillons ; tout auprès est le bâtiment de l’Octroi, construit avec élégance en belles pierres de Toumus ; le soubassement est orné de pilastres doriques surmontés d’un entablement. C’est ainsi qu’il devrait
exister des pavillons à toutes les barrières de notre ville, à l’exemple de Paris, où ces édifices annoncent déjà la capitale de la France.
Deux grandes maisons nouvellement construites , et le jardin de labrasserie se trouvent à l’entrée du faubourg, dont la rue principale était naguère si étroite en cet endroit , que deux voitures avaient peine à y passer de front. La rue est récemment élargie 5 de vieilles maisons gothiques ont été démolies , et ont fait place à des constructions sinon élégantes, du moins plus régulières et d’un aspect moins triste. On aperçoit derrière ces maisons de jolis jardins bornés par des rochers élevés. Il reste encore quelques maisons à démolir pour donner partout à la grande rue la même largeur.
En visitant la partie du faubourg, à gauche de la grande rue , nous avons lu , sur la porte d’une petite maison située sur la vieille route du Bourbonais : Bains de Flore; nous y sommes entrés pour les visiter. M. et M roa Debeaune , qui en sont les propriétaires , sc
sont empressés de nous montrer leur établissement. Nous avons remarqué avec satisfaction que ces bains sont tenus avec un extrême soin; les cabinets sont peints en marbre de diverses couleurs; ils ont vue sur un très beau jardin fort bien entretenu, et qui est ouvert aux personnes qui viennent prendre des bains; la vue s’étend même sur les coteaux de Champvert, des Massues et la montagne du Greillon. En quittant les bains nous avons côtoyé les bords du ruisseau qui baigne d’agréables prairies et qui sont ombragés par de beaux arbres. Lorsqu’on est au milieu de ces prairies , on se croirait très éloigné de la ville , l’œil ne découvre de tout côté que des sites enchanteurs. A droite, dans l'éloignement , se dessine majestueusement le château de La Duchère ; plus loin , la masse imposante du Mont-d’Or borne l’horizon. De tout côté, de charmantes maisons de campagne s’élèvent dans cette plaine et sur les hauteurs qui la dominent. A l’activitéet à l’industrie dont nous venions de voir le tableau succèdent le calme et la solitude.
C’est dans cet asyle paisible que des religieuses trapistes ont établi leur retraite. Nous étions sur le territoire de Gorge-de-Loup , et, en contemplant l’aspect ravissant des sites qui nous environnaient, nous nous étonnions que les Lyonnais allassent chercher bien , ^ loin les beautés de la nature, tandis qu’elles se rencontrent aux portes de leur ville. Nous sommes revenus par le même chemin; nous avons passé devant une grande maison où nous avons vu dans l’intérieur trente-deux femmes occupées à laver du linge autour d’un immense lavoir : c’est, nous a-t-on dit, un établissement de blanchissage public.
La source fait mouvoir trois moulins ; elle alimente plusieurs usines et blanchisseries que nous n’avons pas eu le temps de visiter : on voit comment un simple filet d’eau, mis à profit par l’industrie de l’homme , peut répandre de richesses.
Cette course nous avait fatigués, nous sommes allés nous rafraîchir dans une buvette champêtre située à côté des bains de Flore ; quelques tables sont dressées sur la
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prairie , on y respire une agréable fraîcheur.
Nous avions gagné de l’appétit ; le restaurant le plus voisin était celui du Mouton couronné , qui a aussi une entrée sur la place de la Pyramide. Toutes les salles sont nouvellement décorées ; on nous y a servis un excellent diné , qui nous a prouvé que le chef n’est point un de ces vulgaires cuisiniers de faubourg.
Après le diné , nous sommes entrés au café Faure , situé à l’angle de la place de la Pyramide et de l’entrée du faubourg. Ce beau café pourrait rivaliser avec ceux de Lyon. D’autres restaurants et jolis cafés sont encore en grand nombre dans le faubourg de Vaise : il y en a pour tous les goûts
Un batelet, vulgairement nommé bêche , nous avait fait remonter la Saône , dont les bords , près de Vaise , sont couverts de tuileries nouvellement établies 5 après avoir joui pendant quelque temps de la fraîcheur du soir et de la vue des beaux sites que nous apercevions de tout côté , notre bêche nous a ramenés doucement au port de la Feuillée,
nous avons salué en passant l’image de Jean Cléberg, plus connu sous le nom de V Homme de la Roohe , et que les injures du temps ont déjà privé de ses deux bras *.