À TOUS NOS MAÎTRES DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE E PARIS
Produits de remplacement
Le terme produit de remplacement ou ersatz ne s’emploie pas toujours pour dénigrer un produit. Cela ne signifie pas non plus, comme Roger SIMONNET l'écrit dans son livre récent, qu’on fait du remplacement depuis que le monde est monde et que ce mot est synonyme de progrès. Rien de comparable entre le passage de l’âge de pierre à l’âge du fer, par exemple, où il s’agissait d'exploiter une ressource nouvelle, le métal, et la période actuelle où on essaye après la disparition d’une matière première, de retrouver dans une autre, jusqu'alors inutilisée ou destinée à d’autres usages, les propriétés de celle qui nous manque.
Il faut distinguer deux catégories de produits de remplacementi: les matières dites « imitatives », quelquefois peu intéressantes car elles sont mal adaptées et les matières, en plus petit nombre, certes, nées d’une conception créatrice, qui relèvent pour la plupart du domaine de la Chimie, aux aptitudes remarquables, neuves et bien précises que n'offre aucun
produit antérieur.
PU Ve
Chacun s’accorde sur l'influence des crises économiques, des guerres, des périodes de disette, sur la naissance des produits de substitution.
C’est aux époques les plus troublées que l’histoire en rapporte les plus grands progrès. A l’époque des balbutiements de la chimie naissante, en 1791, la France étant bloquée de toute part bar la coalition, le père de l’industrie moderne des ersatz, Nicolas LE- BLANC, permit de remplacer les soudes d'importation espagnole en les fabriquant à partir du sel marin par le procédé utilisé aujourd’hui encore. Sous l’'Empire, la pomme de terre revient en France après avoir déjà gagné l’Europe entière. À peine cultivée jusquelà, la disette de 1811 lui assure désormais droit de cité la substituant définitivement aux légumes de l’alimentation hivernale. Le blocus continental encourage un essai d’acclimatation du coton à Arles.
Les teintures importées sont concurrencées par la culture de la garance, pour le rouge, de la gaude et du safran, pour le jaune. L’anil des Indes est remplacé par la guède, qui fournit l’indigo.
En traitant par l’alcool une essence de l’avoine, on obtient le parfum de vanille, ouvrant ainsi la voie à l’industrie des parfums chimiques.
La pénurie de café, dont l’approvisionnement était comparable à celui de nos jours, incite à la culture et à la torréfaction de la chicorée.
Le gouvernement s’émeut de la disette de sucre, entreprend des tournées de propagande sous la direc-