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DES GAZ APPLIQUÉS AU TIUITEMENT DES PLAIES

Nous n’entrerons pas dans de longs détails sur les. applications chirurgicales des gaz; pour être complet, nous les indiipierons seulement, renvoyant an Traité de pneumatologie de M. Demarqnay où se trouvent exposées les tentatives de ce savant confrère et celles de ses devanciers.

Pour appliquer l’acide carbonique et l'oxygène au contact des plaies, il a fait construire des appareils en caoutchouc de diverses formes et de diverses longueurs, des manchons cmboîlant soit la jambe ou l’avant-bras, soit même un membre presque entier, r.es ap[)areils communiquent avec le récipient qui contient le gaz. Grâce à ces manchons, on a pu maintenir pendant quatre et six heures, et même plus, des membres affectés de plaies en contact avec 1 acide carbonique. Le manchon appliqué, une large bandelette de diachylon est placée sur le bord, afin de prévenir la perte du gaz, sans toutefois que la compression soit assez forte pour gêner la circulation du

membre.

L’excitation que l’acide carbonique détermine sur la plaie est plus faible que celle de l’oxygène; les plaies se détergent et prennent une teinte rosée; leurs bords s’affinssent, et, dans un espace de temps très-court,

une pellicule cicatricielle se forme sur le pourtour de la plaie, en même temps qu’apparaissent sur la surlace des îlots de cicatrisation qui du centre viennent s unir à la périphérie. L’acide carbonique ne saurait convenir aux plaies récentes pour la cicatrisation desquelles la nature fait tous les frais. .Mais à cause même

de 1 excitation qu’il amène, il constitue un topique des plus utiles dans les plaies anciennes, atoniques, diplitheritiques ou de mauvaise nature, qui ont résisté à des traitements antérieurs. Dans les cas où les plaies mal soignées, négligées ou entravées par une cause quelconque dans leur réparation, revêtent les caractères de l’ulcération et résistent alois aux moyens les mieux appropriés et les plus énergiques, on trouvera dans les propriétés cicatrisantes de l’acide carbonique un précieux auxiliaire, et son emploi sera généralement suivi d un succès inespéré.

L oxjgène, mis au coiilact des plaies, doit être étudie au point de vue des plaies récentes et de bonne nature et au point de vue des plaies anciennes et atoniqiies. Bien que les propriétés cicatrisantes de l’acide carbonique lui assurent une préférence justifiée par les l-nls, l’oxygène peut être utilement employé contre ces ernières plaies. Appliqué sur les plaies récentes,

' n est pas douloureux, mais si son action est sans cesse repetee, voici ce qu’on observe : Lorsque ce gaz CS lese au conlacl de la plaie pendant une ou plusieurs heures, les bourgeons charnus sont mous, rouges, comme revenus sur eux-mêmes et ont une

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tendance à prendre un aspect grisâtre; la plaie est recouverte d’une sérosité purulente généralement peu abondante ; mais le lendemain l’cxcilation peut oblipr à cesser l’application du gaz. Sous l’inlluencc de l’oxygène, la plaie devient le siège d’un travail réactionnel qui peut arriver proraplement a un véritable travail inflammatoire, elle finit par être saignante, pai offrir des bourgeons charnus très-dévelop[)és et par prendre une coloration d’un rouge intense. Ces phénomènes de réaction ne se développent qu après 1 enlèvement du manchon. Pendant le temps de l’application, l’oxygène donne à la plaie une teinte grisâtre et provoque une exhalation séro-purulente. Cette expérience démontre que l’oxygène est un agent excitant

des iilaies. ,

Cette action sert à expliipier l’effet salutaire de

l’application de ce gaz dans des plaies atoniques, de mauvaise nature, dont il déterge la surface et modifie promptement les caractères, pourvu que la limite d’excitation ne soit pas dépassée. Outre cette action locale, l’oxygène possède, dans le traitement des plaies, une action générale d’une importance autrement grande. Les inhalations d’oxygène, en remontant le ton de réconomic, non-seulement aident a la séparation des plaies chez les sujets ahaiblis, mais disposent ceux-ci à subir de graves opérations avec des chances plus grandes de succès. C’est un sujet cpic nous renvoyons au chapitre de 1 hxgiènc des

opérés.

L’azote peut cire considéré comme l’agent de dissolution de l’oxygène, c’est à celui-ci qu’appartiennent les propriétés irritantes de l’air au point de vue des plaies; l’azote n’a par lui-même aucune propriété excitante. 11 m’a semblé même, dans plusieurs circonstances, éteindre la douleur qui succède à une blessure récente lorsque la partie lésée est plongée dans un marichon rempli de ce gaz. 11 paraît n’exercer aucune action cicatrisante sur la plaie. Agent neutre, indifférent, il pourrait servir à isoler la plaie, à permettre un travail cicatriciel de s’accomplir en vertu de ses propres lois, en dehors de toutes les causes qui l’activent, le retardent, l’influencent en un mot. Il pourrait au besoin modérer la réaction inflammatoire d’une plaie. En isolant des influences extérieures les plaies rapprochées primitivement, l’azote ne favoriserait-il pas et ne pourrait-il pas rendre plus fréquente l’adhésion immédiate? Ce n’est qu’une espérance que réaliseront ou renverseront des expériences que rimporlaiice de la question doit nous porter à tenter.

Nous venons de terminer l’étude des principaux modes et des principales formes de pansements des plaies. — Cette étude, quel(|ue longue qu’elle paraisse, est loin d être complète. — 11 suffirait de rassembler un instant nos souvenirs pour reconnaître que bien des modes de pansements, cpii ont joui ou jouissent encore (1 une certaine célébi’ité, ont été à peine mentionnés dans ce travail : le camphre, les poudres mi-

nérales (grès porphyrisé et cliarbon), du docteur Louis Goizel, expérimentés par nous à l’iiopilal Lariboisière, en 1870, etc.

Nous aurions voulu, d’autre part, étudier dans un chapitre à j)art rinriuence des diiïéreuls agents de |)anscmenl sur les complications des plaies, érysipèles^ diphlhérite des plaies ^ pourrihire d hôpital ; mais les circonstances ne nous permettent point d’entreprendre cette étude, qui a cependant un très-grand intérêt.

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