PANSEMENT SIMPLE PAR BALNÉATION CONTINUE, DE M. LÉON LE FORT
Le passage suivant, extrait du Mémoire de M. Léon Le Fort, lu à l’Académie de médecine dans la seance du 31 mars 1870, permettra de se faire une juste idee de l’beureuse innovation apportée par notre collègue
au pansement des plaies :
« Si nous recberebons, si nous rapprochons les
indicalions que les chirurgiens onl cherché à réaliser par leurs différentes méthodes de pansement, nous
trouvons les indications suivantes :
» Mettre la plaie à l’abri du contact de 1 air -, .
« La modiner quand il y a lieu par l’application de
substances médicamenteuses j
» Entretenir autour d’elle une certaine humidité ;
» Empêcher la décomposition du pus qui imbibe le pansement;
» Maintenir la plaie dans un grand état de propreté;
» Prévenir l’adhérence des pièces de pansement;
» Détruire les germes qui pourraient être le point de départ d’une infection.
» Une légère, très-légère modificalion aux pansements généralement employés, m’a permis, je crois, de remplir ces indications. Comme je viens de le dire, je rejette d’une manière absolue l’usage des corps gras quels qu’ils soient ; j’étends la même proscription au diachylon, mais seulement quand il s’agit d’une plaie récente, et dans aucun cas, du moins dans les hôpitîfux, je n’emploie la charpie, car par sa faculté d’absorption elle peut être le réceptacle de germes infectieux. J e recouvre la plaie d’une ou plusieurs compresses trempées dans un mélange d’eau et d’un dixième environ d alcool ordinaire ou d’alcool camphré; si la plaie a besoin d’être excitée, j’ajoute en diverses proportions, suivant les cas, une solution de sulfate de zinc au dixième, et j enveloppe toute la partie correspondante du membre avec un morceau de taffetas ciré, maintenu lui-même en place par quelques tours de bande, et je veille avec, soin à ce que l’enveloppement soit complet et hermétique. D’évaporation du liquide qui imprègne les compresses ne pouvant avoir lieu, les produits de l’évaporation insensible qui s’opère normalement à la surface de la peau étant retenus, le
paiiscmenl se trouve Iransl’ormé en une sorte de bain continu. »