‹ Pansement des plaies chirurgicalesChapitre 7 sur 22 · PANSEMENTS RARES · texte numérisé non relu

PANSEMENTS RARES

Les pansements rares sont loin d’être d’origine aussi moderne que quelques chirurgiens ont été portés à le croire.

C’est IMagatus qui, dans l’étude approfondie et trèsremarquable qu’il a faite sur la guérison des plaies, a été conduit à rejeter les anciennes pratiques de chirurgie et à conseiller les pansements rarement renouvelés.

Au commencement du siècle, Magatus était oublié ; la plupart des plaies en suppuration étaient pansées comme autrefois tous les jours et même à plusieurs reprises dans la journée. Les dilatants , les bourdonnels et les tentes étaient employés pour les plaies profondes comme sont celles des amputations. Les topi(jues de toutes sortes étaient encore mis en usage.

Cependant un compatriote de Magatus, Sancassani, avait élevé la voix pour rappeler ses préceptes. Belloste, Pibrac et Lecat avaient soulevé de nouveau la question. Belloste, dans son traité du Chirurgien d hôpital ( t. I, chap. XI) a un chapitre intitule : Pourquoi il faut qmnser les plaies rarement ;

il y blâme 1 usage de découvrir les plaies deux fois par jour et conseille de le faire tous les deux ou trois

jours. « Le repos, dit-il, est néeessaire pour toutes « les [jénératious ; les parties nitreuses de 1 air con- « sument ou du moins altèrent le baume naturel du « sue nourricier qui doit servir de glu pour réunir « les parties divisées. »

Pibrac, dans son célèbre Mémoire sur l’abus des sutures, conseille le renouvellement, tous les trois ou (luatre jours, dés bandages dont il se sert pour traiter les plaies par la position. Dans un autre travail sur le traitement des plaies avec perte de substance {Acad, de chir., t. IV), le même auteur cherche à montrer l’inutilité des topbiues usuels. Il rappelle la puissance de la nature dont les eilorts sont troublés par les mouvements et l’impression du froid, et seraient aidés-suffisamment par les moyens de protection les plus simples. H se sert de charpie sèche et hisse entre les pansements un intervalle ordinaire- !Zt plus long lu com,uenooment et ù la fin qu'au milieu du traUement, mais qui est toujours en rapport avec l’étendue de la plaie et l’abondance de la suppuration. 11 propose enfin un procédé mixte et qui a été souvent employé depuis lui, c’est de renouveler les linges extérieurs salis et de laisser la charpie qui est

en contact immédiat avec la plaie.

Quant au travail de Lecat, et à celui d’un anonyme, insérés dans les Prix de l’Académie de chirurgie (t. I), ils ne renferment pas de vues aussi neuves que ceux de Bellostc et Pihrac (Gosselin).

Ces Mémoires, dit M • le prore,ssenr Gosselin dans sa

remarquable thèse sur les pansements rares , servent seulement] à montrer l’influence qu’a exercée l’Académie de chirurgie sur la simplicité et le renouvellement rare des pansements ; on doit remarquer d’ailleurs que les chirurgiens de cette époque n’attendaient pas plus tard que le troisième ou le quatrième jour, et qu’ils n’ont pas fait de la rareté une règle aussi générale que le voulait Magatus. C’est pour cette raison sans doute que leurs préceptes sont restés dans la pratique. •

En 1815, Larrey indique dans sa Clinique chirurgicale qu’en général il vaut mieux, à moins de circonstances impérieuses, ne pas lever l’appareil des amputations avant le septième^ huitième ou neuvième jour.

Larrey rapporte à cette occasion le fait suivant:

Un chef de bataillon, qui faisait partie du corps » d’armée du maréchal Ney, après avoir subi à la » bataille de la Moskowa l’amputation du bras gau- » che à 1 épaule, se mit en route pour la France im- » médialement après cette opération, et y arriva sans » avoir été ppnsé une seule fois. Il lavait journelle- » ment 1 extérieur de son a[)pareil avec une éponge; » il recouvrait ensuite le moignon d’une peau de » renard, et, à son arrivée dans sa patrie, il a trouvé » la cicatrice entièrement terminée; les ligatures » étaient dans l’appareil.» (Larrey, Clin, chir., t. III, p. 566.)

Les observations de l’illustre chirurgien militaire frappèrent quelques-uns de ses contenporains et l’on ne tarda pas, dit M. le professeur Gosselin dans la thèse

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