NOTICE SUR TERTULLIEN
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vaut, il y aurait toojoim un même nombre de TÎTaiit , maison voit le contraire. Une infinité de nation« ne pouvant plus nourrir une population trop abondante, ont été fbrcéea d*envoyer des colonies.
il ajoute ensuite contre la doctrine de la métempsycose : i|u*il ne peut y aroir de rapport entre les âmes des hommes et celles des bétes. c Comment, dit-il , Tâme d'un homme remplira-t-elle un éléphant ou sintroduira-t-elle dans un puceron? elle ne pourrait le faire qu'en ajoutant à sa nature, ou en en perdant. Or, si elle disait cela, elle ne serait pins la même âme : il ne saurait donc y aroir métempsycose. •
Après ces questions accenoires, TertuUien examine les différentes qualités de Tâme. Ayant établi que toutes les âmes étaient d'une même substance , il lui importe de dire comment il se fait qu'elles n'aient point un même caractère, une mtaie intelligence, de mêmes dispositions. Toutes les qualités, expose-t-il , sont renfermées en un 0enoe dans la substance de l'âme; en d'autres termes, rame a la foculté de tout foire, mais elle rencontre dans àtg actes des circonstances intérieures on extérieures , qui lai donnent une direction plutôt que telle autre. Se- Dècpie, d*acoord arec nous, dit que l'âme a en germes tous les aru et toutes les sciences. De là la différence descaractères,desgénies entre les hommes. L'âme de l'un suit une pente ; l'âme d'un autre une autr^. C'est ainsi que les graines d'une même plainte se développent différemment et ne donnent pas la même qualité de flruitt. L'air, le toi, l'exposition des lieux , l'état du corps, son embonpoint, sa maigreur, ses maladies, contribuent à modifier et à diriger les expressions des âmes. Elles sont aussi aiguillonnées par les passions ou s'en mettent plus ou moins â l'abri, élevées rers Dieu ou tentées par le démon. Mais quoi qu'il en «oit, l'âme humaine n'a qu'une seule subs- UDce, celle que Dieu donna â l'âme d'Adam, et qu'il nous a transmise de génération en génération.
L'âme est le directeur et en quelque sorte le cocher du corps; néanmoins on dit que la chair est pécheresse; c'est que l'âme , en commetunt des foutes , n'est pas seule coupable, le corps lui prête ses offices; et quelquefois ce sont les mauvais penchans du corps, sa gourmandise, sa hixure, qui entraînent l'âme dans la violation des lois morales. Ainsi le corps est justement puni avec rame.
L'âme est toojonn en état d'action; elle ne connaît point le repos comme le corps. Tandis que celui-ci, épuisé t les fatigues du jour , remet par le sommeil le calme
dans ses sens , elle parcourt les mers, les terres, elle commerce, elle s'enrichit, elle s'inquiète, elle pleure, elle rit elle poursuit le juste ou l'injuste, elle montre ainsi ce qu'elle peut sans l'office des corps, et ce que nous devons attendre après la fin de cette vie.
Lorsque la mort s'est emparée du corps, l'âme le quitte aussi et il n'en re^ rien dans son enceinte. C'est en vain qu'on cite la croissance des ongles, de la barbe et des cheveux , qui s'opère après la mort. C'est là un effet physique qu'on peut expliquer par l'action de l'air, mais qui ne peut prouver qu'une parcelle de l'âme reste dans le corps; car la mort est indivisible et parce qu'elle attaque l'âme indivisible et immortelle de sa nature, et parce que de sa nature elle est indivisible aussi. Platon compare le corps à une prison, mais l'apôtre de Dieu dit: que lorsqu'il est avec Jésus-Christ, il est un temple. Cependant il est vrai que le corps renferme l'âme, l'obscurcit , la souille par la lie de la chair, par son contact ( et concretione carras infecat ) ; la lumière ne lui parvient que coofOse et comme à travers une corne, et dès quelle a brisé les entraves qui la retenaient, elle revient à soi, se reconnaît dans sa propre subsunce, ei semble sortir d'un songe. L'âme, en s'échappant du corps, descend dans les enfen , c'est-à-dire dans une immense étendue souterraine , placée dans les entrailles de la terre. < Nous ne croyons point, dit-il , que les enfera soient un souterrain tout nu , et une sentiiie recouverte d'un toit dans quelque partie du monde. «Les enfers aont, suivant lui, placés sur les abîmes inférieurs. Toutes les âmes descendent dans les enfon et y sont renfermées jusqu'au jour du jugeinenLcMais, répondra-t-on , Jésus-ChrisC y est descendu et nous en a rachetés ! Qu'on n'oublie point que les âmes ne peuvent être transportées au ciel que Ion que la trompette de l'archange sonnera. Ainsi elles descendent toutes aux enfers, dis-tu? Pendant cette demeure transitoire dans ce lieu , souffrent-elles et sont-elles récompensées selon leurs mérites? Sans mucuu doute , car dans l'attente du jugement qui sera prononcé, elles se réjouissent ou sont rongées dans leur cœur. >
La première édition de TertuUien est celle de Froben. Bàle, in-fol. , 1521 , avec une préface et des notes.
L*édition sur laquelle j'ai collationné les tra« ductioDs est celle de Wibourg. 2 vol. in-lî, 1780 et 1781.
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