‹ Panthèon littéraire; choix de monuments primitifs de l'église française, avec notice littérairesChapitre 45 sur 102 · XL. «Pour moi, db-je, je prends part aussi · texte numérisé non relu

XL. «Pour moi, db-je, je prends part aussi

à la victoire, et suis thès-heureux de n*a voir point à prononcer sur le difFérend'demesamisJeoe m*ailiuserai point néanmoins à rendre de grandes actions de grâces à Octavius, car je ne lui saurais donner les louanges qu'il mérite. Cesl trop peu du témoignage d'un homme, et encore du témoignage d*un seul. C'est Dieu qui lai donnera sa récompense, et qui lui a déjà donné une si belle harangue, et lui a fait obtenir la victoire. » Nous nous retirâmes ensuite tout joyeux, Cécilius d'avoir cru , Ociavius d'avoir vaincu, et moi de la foi de l'un et de ta victoire de l'autre.

SAINT CYPRIEN

TRAITÉ

DE L*tJNITÉ DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

Puisque Notre-Seigneur dit : a Vous êtes le tel de la terre ■,» et qu'il nous commande d'être simples, et néanmoins prudens', à quoi devons -nous travailler davantage, mes trèschet*s frères, qu'à veiller toigneusement pnur découvrir et éviter les embûches de l'ennemi ^ de ^ur qu'après nous élre revécus de Jesus^ Christ, qui est la sagesse de Dieu le Père, il ne semble que nous soyons moins sages pour défendre notre Vie ? cal* nous n'avons pas seulement k appréhender la persécution et les entreprises qui se font k découvert pour perdre tes serviteurs de Diéb. Il est plus aisé de se gat*del* de ce que Ton connaît et que Toneraint , et l'on se prépare pour coml>attre Un ennemi déclaré. Mab quand c'est nn ennemi couvert qui trompe sous une fausse apparence de paix , et qui se glisse par dés conduits cachés et souterrains , ce qm lui a fkH donner le nom de serpent, c'est alors que nous lé devons beaucoup redouter et nous tenir eitrèmement sur nos gardes. C'est un artifice dont il s'est toujours «enri pour surprbndre Thommie. C'est ainsi qu'il en a usé dès le commencement du monde , et qu'il aéduit par ses cajoleries des âmes simples et crédules. C'est ainsi qu'il attaqua Notre-Seigneur même par fraude et subtilité ; mais il fut découvert, et par là terrassé ; ce qui nous doit servir d'exemple pour fuir la voie du vieil homme, et marcher sur les traces de Jésus-Christ victorieux, afin de ne pas retomber par notre imprudence dans les pièges de la mort, mais de jouir plutiVt de l'immortalité en évitant sagement les dangers. Or comment pouvons-nous jouir de rimmortia'fité, qu'en observant les eottimandemeos de

« mctlk., 3» 15 •-> /Mtf./tOv 75.

Jésùs-Christ, qui sont les armes qui détl^niMtil et vainquent la mort P C'est ce qu'il nous ap<> prend quand il dit t c Si vous voulez arriver k la vie, gardez lescommandemens^;» et encore: « Si vous feites \x que je vous ordonne, je ne vous appellerai plus serviteurs, mais amis>. b Enfin il dit que ceux-lk sont fermes et stables, qu'ils sont établis solidement sur la pierre, et inébranlables à toutes lea tempêtes du monde \ •Celui, dit-il, qui écoute mes paroles et les accomplit , est semblable à un homme sage qui a bâti sa maison sur la pierre : la pluie est tonh bée , les fleuves se sont débordés , les vents Mt seufHé impétueusement contre elle, et elle n'est point tombée , parce qu'elle était fondée sur M pierre ^ » Il faut donc que nous aceompliSBioBé exactement tout ce qu'il a dit et quil a ftdt« Car comment celui-là prétend -il croire teil Jésus-Christ, qui ûe sait pas ce que Jéaaa- Christ a commandé? ou comment arrivera-t-il à la récompense de la foi , s'il n'est fidèle à observer les conunandemens P 11 faut de nécessité qu'il chancelle et qu'il s'égare , qu'il soit poussé ça et là par l'esprit d'erreur comme de la poussière que le vent emporte, et qu'il ne marche point dans le chemin du salut , puisqu'il «ban^ donne celui de la vérité. Ainsi , mes très-cfaera frères , nous ne devons pas sealement nous donner de garde des attaques qui se font ft force ouverte , mais encore éa rases et des subtilités de notre ennemi. Or qu'y a-t-il de phis adroit et de plus subtil que la manière dont il s'est eondoit pour nous surprendre P Car après avoir été découvert et terrassé par l'avènement de Jesua-Chriat) par cette lumière fiivorable qui «

1 Mauh., 10, 17. *- * Jedi:, «5; 14.

SAINT CYPRIEN

relui aux hommes pour les sauver, qui a rendu Foui aux sourds pour les faire capables de la grâce de la prédication , ouvert les yeux aux aveugles pour contempler on Dieu , redonné la santé aux malades et une santé éternelle, fait courrir les boiteux à TÉglise, et délié la langue des muets pour l'employer en prières et en actions de grâces ; comme il vu ses idoles renversées et ses temples déserts à cause du grand nombre des chrétiens, il s*est avisé d*un nouveau stratagème pour surprendre les simples sous le nom spécieux de chrétien. Il a trouvé les hérésies et les schismes pour détruire la foi , corrompre la vérité et rompre Tunité. Ainn ceux qu'il ne peut plus retenir dans Taveuglement de leur ancienne voie , il les engage dans une nouvelle erreur. Il prend des hommes de TËglise même, et tandis qu'ils s'imaginent s'être déjà approchés dp la lumière, et être sortis de la nuit du siècle, il les enveloppe de nouvelles ténèbres sans qu'ils s'en aperçoivent. Car, quoiqu'ils n'observent point l'Évangile et la loi de Jésus-Cihrist, ils ne laissent pas de s'appeler chrétiens, et de croire qu'ils ont la lumière quoiqu'ils marchent dans les ténèbres, trompés par les artifices de l'ennemi qui, selon la parole de l'apôtre S se transforme en ange de lumière et aposte ses ministres comme les ministresde la justice, pour fiiire passer la nuit pour le jour, la mort pour la vie, le désespoir pour l'espérance, la perfidie pour la foi, l'Antéchrist pour Jésus -Christ, et enfin pour confondre et fiiire perdre la vérité par leurs mensonges spécieux. La cause de ce mal, mes très-chers frères , c'est qu'on ne remonte point à l'origine de la vérité, qu'on ne cherche point le chef, qu'on ne garde point la doctrine du Maître céleste. Car si l'on veut jeter les yeux sur ces choses , il n'est pas besoin de tant de discours. La preuve en est bien aisée, car le chemin de la vérité est court. Notre-Seigneur parie ainsi à saint Pierre : « Je vous dis que vous êtes Pierre , et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes d'enfer ne la vaincront point. Je vous donnerai les cleft du royaume des cieux, en sorte que tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel , et tout ce que vous délierez sur k terre sera délié dans le ciel >.» Il a édifié son

» IL Cor., f f Jl. ^ > Nittfa., I6| 18.

Eglise sur un seul ; et quoique après sa i rection il donne à tous les apôtres une puissance égale et dise : « Comme mon Père m^ envoyé, je vous envoie de même; recevez le Saint- Esprit; les péchés seront remis à tous ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à tous ceux à qui vous les retiendrez i; «néanmoins pour montrer l'unité, il en a établi l'origine par son autorité en la faisant descendre d'un seul. Sans doute que les autres apôtres étaient ce qu'était saint Pierre , et qu'ils partageaient également avec lui un même honneur et une même puissance ; mais Ton commence par l'unité, afin que l'on reconnaisse que l'Église de Jésus-Christ est une. C'est cette Église que le Saint-Esprit en la personne de Notre-Seigneur marque être unique, lorsqu'il dit dans le cantique des cantiques : «Ma colombe et ma belle est unique; elle est unique à sa mère; elle est choisie â celle qui l'a engendrée 3. «Celui qui ne garde pas cette unité de l'Église croit-il avoir la foi ? Celui qui se révolte contre l'Église s'imagine-t-il être dans l'Église? Le bienheureux apôtre saint Paul n'est pas de ce sentiment, puisque marquant le sacrement de l'unité : «Il n'y a, dit-il, parmi vous qu'un corps et qu'un esprit, qu'une espérance à laquelle vous avez été appelés, qu'un Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême, qu'un Dieu '. » Nous devons donc garder et maintenir fortement cette unité, surtout nous autres évoques qui présidons dans l'Église, afin de montrer que l'épiscopat aussi est un et indivisible. Que personne ne trompe les fidèles et n'altère la vérité. L'épiscopat est un, et chaque évêque en possède solidairement une portion. L'Eglise de même est une, et elle se répand par sa fécondité en plusieurs personnes; comme il y a plusieurs rayons de soleil , mais il n'y a qu'une lumière; comme un arbre a plusieurs branches , mais n'a qu'un tronc et qa'une racine ; comme une source se divise en plusieurs ruisseaux, mais conserve toujours son unité dans son origine. Vous ne sauriez séparer un rayon du corps du soleil : une branche d'arbre rompue ne peut plus prendre racine; et un ruisseaa re* tranché de sa source, sèche. Ainsi l'Église tout éclatante de la lumière du Seigneur répand ses rayons par toute la terre , et cependant ce n'est

I <Jen,20,21.- •GaDtiqiies«,«.->lpbiie,4»4.

Page 1