DB UDNITÉ DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE
qo\iiie seale lamière qui est ainsi répandae de toutes parts, et rnnité du corps a*est point divisée. Elle étend ses branches par lout le monde, et fait couler ses ruisseaux de tous côtés; et néanmoins c'est un seul tronc, ' une seule origine et une seule mère extrêmement féconde et abondante. C'est elle qui nous Ait naître , qui nous nourrit de son lait , et qui nous anime de son esprit. L'épouse de Jésus- Christ ne peut pas être corrompue, car elle est chaste et incorruptible. Elle ne connaît qu'une seule maison, et elle n'a qu'une seule couche qu'elle conserve pure et inviolable. Elle nous garde pour Dieu , et destine au royaume les en- Ans qu'elle a engendrés. Quiconque se sépare de l'Eglise et s'unit à une adultère, n'a point de part aux promesses qui lui ont été faites. Celui qui abandonne l'Église de Jésus -Christ ne recevra jamais les récompenses de Jésus- Christ. C'est un étranger, c'est un profane, c'est un ennemi. Celui-là ne peut avoir Dieu pour Père , qui n'a point l'Église pour mère. Si quelqu'un s'est pu sauver hors de Parche de Noé, on se peut sauver aussi hors de l'Église. Notre-Seigneur dit : «Celui qui n'est point avec moi, est contre moi, et celui qui ne recueille point avec moi, dissipe, i» Celui qui rompt la paix et la concorde de Jésus-Christ, se déclare contre Jésus-Christ; celui qui recueille hors de l'Eglise, dissipe l'Église du Seigneur. Le Seigneur dit encore : «Mon Père et moi ne sommes qu'une même chose 3;» et il est écrit du Père, du Fils et du Samt-Esprit :oGes trois personnes ne font qu'une même chose 3. d Et quelqu'un s'imaginera que cette unité établie par une autorité divine et cimentée par des sacremens célestes , peut être divisée dans l'Église par la division des esprits! Celui qui ne garde point cette unité , ne garde point la loi de Dieu , ne garde point la foi du Père et du Fils, ne garde point la vie et le salut. Ce sacrement de l'unité, ce lien indissoluble de la concorde, est marqué dans l'Évangile, lorsque la robe de Jésus-Christ n'y est point divisée, mais tirée an sort et possédée tout entière par un seul. Car void comme l'Écriture sainte en parle : «Pour sa robe, comme elle était sans couture, et d'un seol tissu depuis le haut jusqu'en bas,
ils dirent entre eux : Ne la coupons pmit, ] jetons au sort à qui l'aura ^n Elle était la figure de cette unité qui vient d'en haut, c^està-dire du del et du Père, c'est pourquoi elle ne pouvait être divisée, mais s'entretenait dans toutes ses parties par une liaison mséparable. Celui-là ne saurait posséder la robe de Jésus- Christ qui divise l'Église de Jésus-Christ. Nous voyons au contraire que comme Salomon était proche de sa mort , son royaume devant être divisé, le prophète Achas vint trouver Jéroboam dans un champ , et déchirant sa robe en douze morceaux : «Prenez-en, lui dit-il, dix morceaux ; car voici ce que dit le Seigneur : Je m'en vas diviser le royaume de Salomon , et je vous en donnerai dix tribus, et deux tribus lui demeureront à cause de mon serviteur David et de Jérusalem, qui est la ville que j'ai choisie pour faire adorer ma puissance'. vParce que les douze tribus d'Israël se devaient diviser, le prophète Achas divisa sa robe; mais parce que le peuple de Jésus -Christ ne peut être divisé, sa robe faite d'un seul tissu ne fot point divisée. Cette union indivisible de toutes les parties de cette robe marquait l'union indissoluble du peuple fidèle qui a été revêtu de Jésus-Christ. Le signe et le sacrement de cette robe déclaraient l'unité de l'Église. T a-t-il donc quelqu'un qui soit si méchant et si perfide, si furieux et si ennemi de la paix , que de croire que l'unité de Dieu, la robe de Notre-Seigneur, l'Église de Jésus-Christ puisse être déchirée, ou que de l'oser déchirer? Notre-Seigneur dit dans son Évangile : «Il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur S; »et quelqu'un croira qu'il y peut avoir en un même lieu ou plusieurs pasteurs, ou plusieurs troupeaux? L'apôtre saint Paul de même nous exhorte et nous conjure de conserver cette unité, quand il dit : «Je vous conjure, mes frères, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, d'être tous dans les mêmes sentimens , et de ne pcrint souffrir de schismes parmi vous , mais de n'avoir tous qu'un même esprit et une même volonté <.» Et ailleurs : «Supportez-vous l'un l'autre avec charité , et travaillez à conserver l'unité d'un même esprit, et la paix ^» Croyezvous que celui-là puisse demeurer déboute!
« Jean , 19, 23. — * fioif, la; 31.
• Jean., 10, le. -- M. Cor., 1, 10. - ' «plies., 4, 2.
SAINT CyPRIEN,
vivra qm se retire de TÉglise, et qui se construit une autre demeure, puisqu'il a été dit à Rfiab qui figurait TÊglise : «Vous rassemblerez en votre maison votre père et votre mère, vos frères et toute la maison de votre père, et quiconque sortira de la porte de votre maison ne se i}oit prendre qu'à lui-même du malheur qui lui arrivera^. > Il est commandé aussi dans VExode de manger dans une même maison Tagneau pascal, qui était t^é en figure de Jésus-Christ : «H sera mapgé, dit Dieu , en une même maison, et vpus ne porterez point dehors de sa chair 2. » I4 chair deJésus-Çhpist ft le ciaintdq Scign^M^ ne peut être porté dehors, et le§ fidèles nopt ppint d'autre maison que TËgUsequi est unique. C'est cette maison et celte demeure de la cpnçç^e que le Saint-Esprit désigne dans les psaumes qiiand il dit : « C'est Dieu qui Fait defneurer en une même maisoi^ ceux qui sont bien upîs ensen^ble^.» Ceux qui sont bien d'accord et les simples 4emeurent et persévèrent dans la maison de Dieu , dans TËglise de Jésus-Christ. C'est pour cela que le Saint-Esprit a pris la forque de la colombe ; car c'est un oiseau simple et gai, qui n'a point de fiel , qui ne mord point, qpi pe déchire point, qui aime i demeurer avec lîts hommes, qui pe eonpatt qu'une maison. Ils font epsemhie leurs petits , ils sortent ensemble, passent leur vie ensemble, s'entra témoignent leuraffectatiopparde tendres baisers, et gardent en tQutea choses la paii et la concorde.Voilâ la simplicité qui doit être dansTÉgliseetquila ii)ontre; vojlà la charité qui s'y doit garder. Il faut qp'qn y vpie ho amopr de colombe et une douceur 4>gneau. Que fait dans le cœur d'un chrétien la férocité des loups, la rage des chiens, le venin des serpens, la cruauté des bêles éiroufihesp Ne deyons-noiis pas nous réjouir quand des gens (de cette sorte sont séparés de l Église, de peqr qu'ils ne gâtent les colombes et les brebis 4e Jésus-Christ? L'amertume ne peut s'accorder avec la douceur, ni les ténèbres avec la himière, ni la pluie avec le hcau temps, ni la guerre avec la paix , ni la fécondité avec la stérilité, ni la sécheresse avec les soijrces d'eau, ni la tranquillité avec la tempête. Que personne ne s imagine que les bQps puissent sortir de l'Église. Le vent n*cmporte
' Jmué» % 18. - ' fizQde, t^, 46. - > Psaume fi7,e!
pomt le froment, et un arbre Men enradoé n est point arraché par la tempête. H n'y a que la paille légère qiii serve de jouet aux vents, et que les arbrisseaux qui cèdent à la violence des tourbillons. L'apOtre saint Jean reprend et déteste en même temps des gens de celte sorte : «Us sont sortis d'avec nous, dit-il, mais ils n'étaient pas d'avec nous; car s'ils eussent été d'avec nous, ils seraient demeurés avec nous^. > C'est là la cause de tant d'hérésies qui se sont élevées et s'élèvent tous les jours, de ce que des esprits mal faits oe sauraient deipeurer en paix, de ce que des brouillons et des perfides ne sauraient conserver l'unité; et Notre-Seigpeur, qui nous laisse l'usage de notre libre arbitre,peroMt et souffre qpe ces choses arrivent, afin que, tandis que la vérité sonde nos cœurs et nos esprits, cette épreuve fasse connaître clairement ceux dont la foi est ferme et sincère. C'est ce que le Saint-Esprit déclare par la bouche de l'apôtre : «Il faut qu'il y ait des hérésies, afin qu'on reconpaisse ceux qui sont véritablement gens de bien 3. » C'est ainsi que les fidèles et les perfi4es se reconnaissent. C'est ainsi qu'avant même ^e jour du jiigepient et dès ici-bas les bons sont séparés d'avec les méchans, et le froment d'avec la paille. Ce sont ces sortes de personnes qui sans aucune disposition divine s'éljkvent eux-m^femes sur une troupe de téméraires , qui s'établissent prélats contre les lois 4e l'ordination, qui s'attribuent le nom d'évèque quoique personne ne les admette à l'épiscopat C e$t eux que le Saint-Esprit désigne dans les psaumes quand il parle des pestes de la fin qui s'asseyent dans la chaire de contagion'. Ce sopt des serpens qui corrompent artificieu5ieinent la vérjté, qui lancent avec leurs langues un venin mortel, dont le discours gagne comme un chaBr cre , et dont le commerce est un poison qui pé^ nètrejui^qu aucœur.(yest contre ces gens-lique crieNotrc-Seigneur ; c'est pour arrêter le peaple qui veut suivre leur erreur qu'il dit: « N'écoutea point ce que disent les faux prophètes : car leurs visions les trompent. Ils parlent, mais ce n'e.n pas après le Seigneur. Ils disent à ceux qui méprisent la parole de Dieu : Vous aurez la paix, et i tous ceux qui accomplissent leurs désirs : Celui qui manche dans l'égarement de son cœur
* LJçaa, 2, li. -• I. Cor., Il, 1^. -»
DE L'UNITÉ m V
n^aura point de mal. Je ne leur ai point parlé, et Us prophétisaient. S'ils fussent demeurés Fermes sur les fondemeqs que j'ai posés, s'ils eussent écouté mes paroles et instruit mon peu^ pie, je les aurais détournés de leurs mauvaises pensées ^ . » C'est encore eux que Notre-Seîçneur marque quand il dit : «Ils m'ont abandonné moi qui suis la fontaine d^eau vivf.*, et ils se soni creusés des citernes rompues qui ne peuvent contenir leau^. j> Ne pouvant y avoir qu un seul baptême, ils croient pouvoir baptiser; ayant abandonné la Fontaine de vie, ils promettent la grâce de l'eau vivifiante et salutaire; ils ne nettoient ' pas les hommes , mais les souillent encore davantage ; ils ne purifient pas leurs crimes, mais les accroissent. Cette naissance n engendre pas des enFuas à Dieu, mais an diable, Gomment ceux qui sont nés du mensonge peuvent-ils recevoir les promesses de la vérité? Comment ceiix qui sont engendrés d^ la perfidie peuventils conserver la grâce de la foi ? Ou pomment ceux-là peuvent-ils obtenir la récompense de la paix , qui, par une fureur séditieuse, ont rompu la paix du Seigneur? Et qu'ils ne se flattent point de ce qu a dit Notre-Seigneur, que partout où il y en aura deux ou trois d'assemblA» en son nom, il sera avec eux^; car ceux qui allë^ guent cç passage sont des corrupteurs et de faux interprètes de l'Évapgile. Ils ne produisent que la fin 4n passage et laissent ce qqi précède; ils ne font mention qge d'une partie et suppriment malicieusement l'autre. Comme ils sont rétranchés de l'Église , ils retranchent les paroles de l'Écriture; car Notre-Seigneiir exhortant ses dis-* ciples à conserver l'union et la paix : «Je voua assure , leur ditril , que si den de vous sopt bien nnis sur la terre, quoi qu'ils demandent, ipon Père qui est dans les pieux le leur accordera , car partout où il y en apra deux ou troi^ a^^embléa en mon npfP , je suis avec eux ^;)¥ par où il ff^w tre qu'il n'a pas tant d'égard an npi^^br^ qu'i l'union de ceux (f^l le prient. aSi deux de vous, dit-il, sont bien unis sur la terre.» U établit premièrement l'union et la concorde , et qpus enseigne ^ être bien d'acoprd ensemble* Or comment celui-là peut-jl è(r^ d'accord avee quelqu'u9 %^i e4 désuni d'avec le cprps de T^glise et da tiHis le9 fidèles? Coipfnept dfux w im§
F^OUSE CATHOLIQUR. »3
peuvent-ils s'assembler an nom de «HtatClhvisr, lorsqu'il est certain qu ils sont séparés de Jtfsas- Christ et de son Évangile ? car ee n'est pas nous qui nous sommes éloignés d'eux , mais c'est enx qui se sont éloignésde nous ; et tandis quefaiaant des assemblées à part i]s ont Formé le schisme et l'hérésie, ils ont abandonné la source et Topigipe de la vérité. Or Notre-Seigneur parle de son Église et parle à ceqi^qui y sont,qaandilditque, s'ils s'entendent bien, et §1, aelôn qu'il leur a commandé, ils prient avec union d«omPS , dans ce cas , quoiqu'ils mr foient qne deni on trois, ils pourront obtenir i§ la m^esté de Dieu ce qu'ils demanderont. « Partout « dit-^il , o« il y en aura deux on trois a^n^Més en mon non , Je suis avec eux.» C'estrà^djre aveeceuxqai soat simples et paisibles, avec eeux qui craignent Dieu et qui gardeut sea commandemens ; qu^id ils ne seraient que deux ou trois de cette sorte , il dit qu'il <era avec eu^. C'est ainsi qu'il fut ayec les trois enfana de Babylone dans la foornaise ardente ^ et parae qu'ils étaient simples et bien unis , il envoya un vent Frais pour détonvner les flammes qui les environnaient C'est ainsi et pour la mftme raison qu'il se trouva avec les deux apôtres ^ qui étaient jurisonniera, et qu'après avoir lui-même ouvert les portes de la prison, il les remit dans la place publique pour continuer à prêcher an peuple la parole qu'ils leur avaient d^à fidèlement annoncée. Lors donc qu'il dit : «Où il y en aura deux ou trois assemblés en mon nom, je suis avec eux,» il n'a pas voulu diviser l'Église, puisque c'est lui qui l'a formée et établie; mais reprocfiantaux perfi-» des leur discorde et recommandant la paix aux gdèles , il Fait voir qu'il est plutôt avec deux on iroisqui prient unanimement ensemble, qii'avee piqsieurs qui sont désunis; et que la prière d« peu de personnes bien d'accord a pins de poo* voir que celle dune multitude diseavdante. Qest pour cela 4U^t neus donnant dea ri^ea pour prier, il dit ; 9 Lorsque voifs vous présen* terez pour prier, si vous avez quelque chose contre quelqu'un , pardoDnex4ui , apa yie vetr* Pj^re qui e«t dans les cieux vnus pardonne aussi vue péchés ^.f U rappelte de même de l'aatet celui qui y était venu pouf seerifier étant mai «l¥eç quetatfW, e| il tei compitadt de sTaoes»*
1 siliDisl,a -«Aeias^a»*-*
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SAINT CYPRIEN
der premièrement avec son frère, et puis d*oFfrir son présent à Dieu avec un esprit de paix^ C'est ainsi que Dieu ne regarda point les présens de Gain, parce que celui-là ne pouvait pas être en bonne intelligence avec Dieu , qui ne Tétait pas avec son frère à cause de sa jalons je K Quelle paix donc se promettent de la part de Dieu ceux qui n'ont point de paix avec leurs frères? Quels sacrifices peuvent célébrer ceux qui ont de la jalousie contre les évèques? Groieut-ils que Je- SDS-Ghrist soit avec eux lorsqu'ils sont ensemble, n'étant ensemble que hors de TÉgliseP Quaud ils souffriraient la mort pour la confession de son nom , tout leur sang n'est pas capable d'effacer cette faute. Le schisme est un crime si énorme que la mort même ne le saurait expier. Celui-là ne peut être martyr qui n'est point dans l'Église; celui-là ne peut arriver au royaume, qui abandonne celle qui doit régner. Jésus-Christ nous a donné la paix , il nous a commandé d'être bien unis, il nous a ordonné de conserver inviolables les liens de la charité; celui-là donc ne peut être martyr qui ne garde pas la charité fraternelle; c'est ce que l'apôtre saint Paul témoigne , lorsqu'il dit : «Quand j'aurais assez de fbi pour transporter les montagnes , si je n'ai point la charité, je ne suis rien. Quand je donnerais tout mon bien aux pauvres et que je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai point la charité , tout cela m'est inutile. La charité est généreuse, la charité est douce , la charité n'est point jalouse, ni indiscrète, ni orgueilleuse, ni colère, ni maligne; die aime tout le monde, elle croit tout , espère tout , supporte tout ; enfin la charité ne sera jamais détruite '. » La charité , dit-il, ne sera jamais détruite , car elle subsistera toujours dans le paradis; elle demeurera éternellement , parce que les fidèles seront étemellemenl unis ensemble. La discorde n'a point de lieu dans le royaume des deux. Cdui qui par une division crimindle a violé l'amour de Jésus- Christ n'aura point de part aux récompenses de Jésus-Christ , qui a dit : < Voici le commandement que je vous donne, de vous aimer l'un l'autre comme je vous ai aimés ^. » Cdui qui n'a point la charité , n'a point Dieu avec lui.Écoutez œ que dit le bienheureux apAtre saint Jean : «Dieu est amonr, et celui qui demeure dans
«llatth,5,28.-.>G€nèie,i5.
•Cor., 18, 2. -«Jean, 15, 12.
l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure ce lui ^» Ils ne peuvent pas demeurer avec Dieu, parce qu^ils n'ont pas voulu demeurer en paix dans l%glise.Ils ont beau être exposés au feu et aux bêtes, ce ne sera pas la couronne de leur foi, mais la peine de leur perfidie; ce ne sera pas une mort glorieuse, mais un désespoir. Un homme de la sorte peut être tué , mais il ne peut pas être couronné. Il se dit chrétien, comme souvent le diable se dit le Christ, selon le témoignage de Notre-Seigneur même : c Plusieurs viendront en mon nom et diront : Cest moi qui suis le Christ , et ils en tromperont beaucoup^.» Comme donc le diable n'est pas Jésus -Christ, quoiqu'il se couvre faussement de son nom, celui-là de même ne doit pas passer pour chrétien , qui ne demeure pas dans la vérité de TÊvangile et de la foi. Prophétiso* , chasser les démons, faire de grands miracles, tout cela est admirable ; et néanmoins avec tout cela l'on n'entre point dans le royaume des cieux, si l'on ne marche dans le droit chemin. Cest ce que Notre-Seigneur déclare quand il dit : «Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé eu votre nom? n'avons-nous pas chassé les démons en votre nom? n'avons-nous pas fait de grands miracles en votre nom? Mais je leur répondrai : Je ne vous al jamais connus. Retirez-vous de moi ministres d'iniquité ^»II faut vivre dans la justice , si nous voulons que notre juge nous soit favorable; il friut obéir à Dieu, si nous prétendons qu'il nous récompense. Notre-Seigneur, dans rÊvangile,voulantabr^r le chemin de notre espérance et de notre fin : «Le Seigneur votre Dieu, dit-il, est un seul Dieu ^. Vous aimerez le Srigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de toutes vos forces. » Voilà le premier commandement. Et void le second qui lui est semblable : c Vous aimerez votre prochain comme vousmême. Toute la loi et les prophètes se rapportent à ces deux commandemens^ » 11 a enseigné en même temps l'unité et l'amour, et il a enfermé tous les prophètes et toute la loi en deux commaodemens. Mais quelle unité on quel amour garde cdui qui , transporté d'une fàrair séditieuse, divise l'Église, renverse h M,
« Jean, 4 , 16. - • Marc, 12, «. - • MalUi., y, «. « Marc, 12, 29. - • Mattb., 12, 10.