SAINT
Seigneur a donnée à ses apAtres et qu'ils ont ansst pratiquée très -exactement, de ne point murmurer dans Tadversité, mais de souffrir avec courage et patience tous les maux de cette ▼ie. Ç*a toujours été au contraire une pierre d'achoppement pour les Juift, qui ont presque sans cesse murmuré contre Dieu , comme Dieu même le témoigne au livre des Nombres, lorsqu'il dit : G Qu'ils cessent de murmurer contre moi, et ils ne mourront pas ^» Il ne faut point murmurer dans l'adversité, mes très -chers firères; mais souffrir patiemment tout ce qui arrive , puisqu'il est écrit que « le sacrifice i^préable à Dieu est un esprit affligé et abattu , et qu'il ne méprise point un cœur contrit et humilié^. » Le Saint-Esprit dit aussi, dans ie Deutéronome, par la bouche de Moïse : <c Le Seigneur votre Dieu vous affligera et vous enverra la Famine , et l'on connaîtra ce que vous avez dans le cœur, et si vous avez bien ou mal observé ses commandemëns^ ; » et encore : «Le Seigneur votre Dieu vous tente, pour voir si vous Taimez de tout votre coeur et de toute votre âme^.» C'est ainsi qu'Abraham plut à Dieu, parce que pour lui plaire il ne craignit point de perdre son fils et de commettre un parricide^.» Mais vous qui ne pouvez vous résoudre à perdre votre fils parla loi commune de cette mortalité, que fisriez-vous si l'on vous commandait de le faire mourir ? La foi et la crainte de Dieu vous doivent préparer contre toute sorte d'événemens. Avez-vous perdu votre bien, votre femme , vos enfans , vos proches? Êtes- vous tourmenté de maladies longues et fâcheuses ?Tout cela ne vous doit point être un sujet de scandale, mais une matière de triomphe; tout cela ne doit servir qu'à foire éclater davantage le courage d'un Téritable chrétien à qui la certitude des biens à Tenir doit foire mépriser tous les maux présens, n ne peut y avoir de victoire sans combat , ni de couronne sans victoire. La tempête foit connaître un pilote, et la guerre un soldat. Il est aisé de se vanter quand il n'y a point de péril, mais c*est radversUé qui met la vertu à Tépreuve. Un arbre profondément enraciné n*est point ébranlé par les secousses des vents : un vaisseau bien foit et bien construit est poussé par les flots, mais n'est point submergé; et
» Num.. tr. 10. - • Psaume 50, 18.
• Urac, 8, 2. -- « /bid., 13» 8. — ' Gcnèi., 22.
CYPRIEN
quand on bat le blé dans la grange, le bon grain méprise le vent; il n'y a que la paille qu'il emporte. Ainsi Tapôtre saint Paul,apiis plusieurs naufrages, après avoir été batta de verges, après avoir souffert une infinité de maux et de misères, n'appelle pas cela des peines, mais des exercices, et dit que cela n*a servi qu'à l'éprouver davantage : « On m'a donné, dit-il , un aiguillon de la chair, un ange de Satan pour me souffleter, de crainte que je ne m'élevasse. G*est pourquoi j'ai prié trois fois k Seigneur de m'en délivrer ; mais il m'a répondu : Ma grâce vous suffit; car la faiblesse perfectionne la vertu ^i> Lors donc qu'il nous arrive quelque infirmité ou quelque disgrâce, c'est alors que notre vertu se perfectionne, c'est alors que notre foi est couronnée, ponnu que nous la conservions inviolable au milieu de ces épreuveis , suivant cette parole de rËcrliure: «La fournaise éprouve les vases du potier, et les afflictions éprouvent les justes, s Car il y a cette différence entre nous et ceux qui ne connaissent point Dieu , qu'ils se plaignent et murmurent dans l'adversité; au lieu quenous,bien loin de nous plaindre et d*ën rien diminuer de notre courage et de notre foi , nous en tirons de nouvelles forces. Ces grandes évacuations qui nous abattent, ces cruelles inflammations de gorge qui nous altèrent , ces fréquens vomissemens, ces yeux étincelans et pleins de feu, ces membres pourris qu'il faut couper, ce venin firoid de la maladie qui nous fait perdre l'usage des jambes, de rou!e,ou de la vue, tout cela rie sert qu'à exercer notre foi. Quelle grandeor de courage, de soutem'r sans s'ébranler tant de violentes attaques de la maladie et de la mort! Quelle hauteur d'âme, de demeurer debout aa milieu de ces ruines du genre humain, et de n'être point abattu avec ceux qui ne mettent point leur espérance en Dieu! Nous devoQs donc nous réjouir et embrasser une si belle occasion de faire paraître la fermeté de notre M et de recevoir des récompenses de la main de Jésus-Christ, après avoir marché vers lui parla voie étroite des peines et des souffrances. Qœ celui-là appréhende demourir, qui n'ayant point été régénéré par l'eau et par l'esprit , est destiné à des flammes étemelles. Que celni-là appré-
« 11. Cor., 12, 7.