DE LA
beode de mourir» qui n'est point marqué du signe de la croix et de la passion de Jésua- Christ; qui passera de cette première mort à une seconde , et à qui il est avantageux que ses supplices soient différés. Plusieurs de nous, dit-on y meurent de la peste ; c^est que plusieurs de nous sont délivrés du siècle. Cette mortalité est une peste pour les Juifs et pour les gentils, mais c'est une heureuse sortie de ce monde pour les serviteurs de Dieu. De ce que les gens de bien meurent indifféremment avec les méchans, ce n'est pas à dire que leur mort soit pareille. Les gens de bien meurent pour être mis dans un lieu de rafraîchissement, et les méchans pour être tourmentés; les premiers ' pour être plutôt en sûreté , les autres pour être pIutM punis. Certes, mes très-chers frères, nous sommes des ingrats, et nous ne comprenons pas assez les gr&ces que Dieu nous fait. Les vierges sortent de ce monde pendant la paix avec toute la gloire de leur virginité , sans appréhender les menaces et les brutalités des persécuteurs. Les enfans évitent les périls où les expose la faiblesse de leur âge, et vont recevoir le prix de leur innocence. Une dame délicate rachète par une prompte mort la cruauté des supplices et Tinsolence des bourreaux. L'appréhension de la peste échauffe les tièdes, amme les fiiibles , excite les lâches , fait revenir ^ les déserteurs, et convertit les païens. Elle appelle au repos les anciens fidèles, et fortifie pour le combat les nouveaux baptisés ; car ceux qui se sont enrôlés dans la milice chrétienne dans un temps si adieux, n*ont garde de redouter le temps de la persécution. D'ailleurs, mes très-chers frères, quel bien n'est-ce pas pour nous puisque cette peste, qui parait si horrible , bit connaître la vertu de chacun et découvre les cœurs , fiût voir si Ton est charitable, n l'on aime aes proches, si Ton a de la compassion pour ses valets, si un médecin assiste les malades, si Ton profite de la calamité présente pour être ou moins colère, ou moins avare, ou moins •uperbe , et si les riches qui voient mourir leurs héritiers en deviennent plus libéraux envers les pauvres? Mais n'est-ce pas encore un grand avantage pour nous que cette peste nousprépare au martyre, en nous apprenant à ne point craindre la mort P Ce n'est donc pas un fléau pour nous , mais un exerdce qui nous Ait rem-