‹ Panthèon littéraire; choix de monuments primitifs de l'église française, avec notice littérairesChapitre 96 sur 102 · PROFESSEUR DE LACTANCE · texte numérisé non relu

PROFESSEUR DE LACTANCE

J'aurais désiré pouvoir réunir dans ce volume Touvrage d'Arnobe, Dispulaliones adversus gentes, à ceux de son disciple Lactance. Déjà ce volume contient VOctavUts, rendu depuis peu par les critiques à Minncius Félix, mais qui longtemps avait été ajouté comme un holtième livre aux sept livres du traité d'Arnobe; mais ce volnn)e s'est démesurément grossi , et je me vois fèrcé de séparer le maître de Téiève". Le traité d'Arnobe est d'ailleurs beaucoup plutôt une attaque ardente et vigoureuse contre la religion païenne , qu'une exposition des doctrines du christianisme. Il le composa , dit-on , vers l'an 310 ou 320, lorsqu'il n'était encore que catéchumène, et pour donner une preuve publique de sa ferme résolution de brûler ce qu'il avait adoré, d'adorer ce qu'il avait brûlé. Professeur de rhétorique dans l'Afrique, sa patrie, il était profondément versé dans la connaissance des anciens auteurs latins

^ Le traité d'Araobe est & lui seul autti considérable que les quatre premiers liTrei des Institutions divines de Lactance.

et grecs, et c'était là comme un arsenal o&, avant sa conversion aux idées chrétiennes, il allait puiser ses armes pour combattre et ridiculiser les diretiens. Après son adoption dans les rangs des chrétiens , il se servit , avec toot le zèle d'nn noaTeao converti, de ces mêmes armes pour attaquer ses anciennes croyances , dont son érudition pouvait lui montrer toutes les faiblesses. Sod style africain est in^al , dur, enflé et quelquefois obscar: on y remarque cependant une ceruioe éld^aoce, de l'énergie , des tours et des raisoDoemens subtils. Dans la manière dont il représente la religion païenne, il se sert d'une raillerie ingénieuse, saos jamais tomber dans la satire personnelle.

Le traité d'Amobe a été récemment publié, et d'une manière aussi correcte que le permet rimperfection des manuscrits, dans l'édition compacte de Besançon» in-8°, 1836, à la suite de Lactajiceet de Minncius Félix.

Je n'en connais aucune traduction française imprimée ni manuscrite.

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