A CONSTANTIUS ET A CONSTANS, AUGUSTES
(ÉCRIT YERS 345.)
. Personoeoe doute que les quatre élémens, oir, le feu, Teau, Taîr et la terre, ne soient principes de toutes choses. Mais ces quatre nens ont des qualités contraires. C'est pour* n les païens, qui les reconnaissent pour les ncipes des autres êtres, ont tort de prendre -eu pour une souveraine divinité, comme si t ce qu'il y a dans le monde n'avait point utre cause que la chaleur. Leur erreur est lue de ce qu'ils n'ont point su que c'était ;u qui avait créé ces élémens, qui Seur avait iné ces qualités par lesquelles ils se combatt, et assigné la place qu'ils occupent. Gepenit, cela se peut découvrir, ou par la .seule lière des sens, ou par l'attention de l'esprit, par la force du raisonnement.
L^s Égyptiens, qui tirent de grands avanes du Nil, adorent ses eaux, leur adressent ; prières, leur offrent des sacrifices et leur ident toutes sortes d'honneurs et de respects. is ils mêlent parmi leurs mystères de tristes ^grâces, de cruels combats et de tragiques lérailles. Ils disent qu'un mari tira autrefois e horrible vengeance d'un adultère et d'un ;este que sa femme avait commis avec son ;re. Isis était la sœur, Osiris était le frère, et 'phon était le mari. Quand Typhon eut déuvert que sa femme s'était corrompue dans $ inHimes embrassemens de son frère, il le a , hacha son corps en pièces et le jeta sur les irds du Nil. Isis quitta Typhon pour aller
* Ici te tiouTe dans l*ouvrage de Matemus une préyt qui ne s'est pas retrourée dans le manuscrit et dont M reste que deux phmet imparfiiites.
rendre à Osiris, son frère et son mari ,1e devoir de la sépulture, et se servit pour cet effet de Nephté, sa sœur, et d'Anubis, chasseur renommé, auquel on a donné depuis une tête de chien , parce qu 11 s'était servi de ses chiens pour trouver les membres épars d'Osiris^ Quand ils eurent été ramassés, Isis leur donna la se* pulture. Ce Typhon et cet Osiris étaient deux rois d'Egypte; mais ce dernier était un bon prince , et auquel on ne pouvait rien reprocher si ce n'est le crime qu'il avait commis avec sa sœur, au lieu que l'autre était un superbe, un emporté et un furieux. Aussi Typhon est-Il en horreur et Osiris en vénération. Voilà le fondement de la solennité que les Égyptiens célèbrent en rhonneur d'Isis. Ils ont dans la partie la plus secrète de leur temple une représentation du tombeau d'Osiris; ils renouvellent tous les ans leurs Umentations sur sa perte, et, pour retracer eux-mêmes la douleur du genre funeste de sa mort, se coupent les cheveux, se frappentl'esto* mac et a déchirent les bras. Après avoir observé cette cérémonie pendant un certain nombre de jours, ils feignent qu'ils ont trouvé les membres éparsd'Osiris, finissent leur deuil et se consolent. Déplorable aveuglement des hommes, qui, pour offrir chaque année de funestes sacrifices à un roi mort, renoncent au culte du souverain qui , par un sage tempérament de sa bonté, a tiré tout l'univers du néant, et perdent Fespérance, qu'ils ne peuvent mettre qu'en loi, de la vie éternelle, qu ils ne peuvent recevoirque de sa grâce! Hommes aveugles, vous ne tâchez point de revenir de votre égarement à la faveur de la lumière (|nei'onvousprésente.Yousne faîtes auGuneffiN't
MATERNUS
pour recouvrer votrt liberté. Vous ne concevez aucune espérance d'éviter le malheur qui vous menace, et ne vous mettez point en devoir de mériter par un sérieui repentir le pardon de vos péchés. C'est en vain que vous attendez du secours de Teau du Nil que vous adorez. Il y a une autre eau qui renouvelle les hommes et qui leur donne une vie divine. L'eau que vous adorez tous les ans est épuisée par une ardeur mortelle qui brûle au dedans de vos veines, et profanée par le sang de votre roi Osiris. Mais celle que vous méprisez, étant échauffée par le feu de l'esprit saint, est portée par la foi jusqu'au fond de la conscience, où elle établit une parfaite santé et ferme les cicatrices des plaies que le péché y avait ouvertes.
Bien que ces cérémonies n'aient été instituées que pour renouveler la mémoire de la mort de ce prince et des funérailles qui ont été autrefois célébrées, ce qui ne parait que trop, par son tombeauque l'on montre encore en Egypte, et par une partie de son corps qui y reste , néanmoins ceux qui les défendent apportent pour leur ôistitution une autre raison, fondée sur la nature physique. Ils disent que par Osiris ils entendent les grains que Ton sème, parlsisla terre, et par Typhon la chaleur. Et parce que la chaleur mûrit les moissons, et que, quand elles sont mûres, on les serre pour s'en nourrir, et que l'onsèmed'autres grains quand l'hiver approche, ils assurent que la mort d'Osiris ne signifie que l'ensemencement des terres, et que la découverte de ses membres jetés au bord du Nil ne signifie que la levée des grains nouveaux qui commencentà paraître. Supposant que ce soit là le véritable fondement de ces sacrifices, et qu'ils n'aient été institués que pour remercier les dieux des biens dont ils couvrent la terre, pourquoi y a-t-on mêlé l'inceste, l'adultère et la cruelle vengeance dont il fut suivi ?Pourquoi a-t-oo fait d'un mystère un exemple pernicieux qui porte la corruption dans les mœurs des hommes, qui s'égaraient auparavant et péchaient avec moins de connaissance et plus de simplicité? S'il feUait cadier les effets de la nature, pourquoi les cachait-on sous le voile de ces mystères? Mais quelle raison y avait-il de cacher des effets qui sont exposés à la vue de tout le monde. Pourquoi pleurer des grains qui sont jetés dans la terre et qui produisent de nouvelles moissons? Ce sont des présens de la
main de Dieu , dont , au lieu de oooeevotr de b douleur, il lui faut rendre des actions de grâces. Pleurez plutôt vos égaremens et les cérémonies qui semblent n'être inventées que pour les rendre éternels. Ne consacrez point des fêtes i la mort d'autrui , et cherchez plutôt des moyem de vous consoler des ravages que hii la mort dans vos familles. Misérables que vous êtes, vous vous réjouissez d'avoir trouvé je ne sais quoi, dans le temps même que vous perdez votre âme par vos sacrilèges ! Vous ne trouvez qu'un hntome que vous avez placé où vous le cherchez et dont vous regrettez la perte. Cherchez plutôt le chemin du salut, la lumière de la vérité, le moyen de vous réconcilier avec Dieu. Quand vous l'aurez trouvé , et que par une sincère pénitence vous vous serez délivrés de vos maox, vous pourrez vous écrier et prononcer cette formule solennelle de vos mystères : «Nousiavous trouvé, réjouissons-nous!»
II. Les Phrygiens, qui habitent la ville dePessinonte le long du fleuve Gallus, attribuent ï la terre une espèce de domination sur les autres élémens, et la regardent comme la mère de toutes choses. Pour instituer, aussi bien que les autres, des fêtes et des cérémonies perpétuelles, ils consacrèrent les amours de leur reine, et la vengeance lyrannique qu'elle avait tiréedu mépris d'un jeune homme qu'elle aimait. Poar apaiser la colère ou pour consoler la douleor de cette reine , ils ont publié que ce jeone homme, qu'ils avaient mis dans le tombeau, était revenu à la vie; et enfin, poar charmer l'impatience et la fureur de cette femme, ils ont élevé des temples à la mémoire de son amant Us ont voulu que les prêtres de ce nouveau dieu reçussent un traitement pareil à celui que celte reine irritée avait fait souffrir à Famant qui avait méprisé sa beauté et rejeté ses caresscN Ainsi, dans les sacrifices que l'on renouvelle chaque année en l'honneur de la terre, on ne fait que célébrer la mémoire d'une pompe funèbre; et en abusant de l'ignorance des peuple, on leur fait croire qu'ils honorent la terre, dans le temps qu'ils n'honorent qu'un tombeau, bs très-saints empereurs ont voulu eux-mêmes cou vrir cette erreur des peuples sous le voile d'une raison naturelle que l'on rend de la célébratioo de ces mystères; car on dit: que la terreaimcle grains; que les grains représentent ÀtysaiiD*