SCÈNE VII
PIERROT, puis COLOMBINE.
Pierrot regarde son pain avec mélancolie, en se disant quels maigres repas il est condamné à faire dans
la maison. Maïs Golombine entre, portant un panier plein de provisions délicates : du vin, des biscuits, des gâteaux. Scène de gourmandise amoureuse entre les deux amants. Assis sur de hauts tabourets, ils dressent la table sur le pupitre à crémaillère. Pierrot vole des moitiés de biscuits aux lèvres de Colombine.
— Assez d'amusements ! dit Colombine à Pierrot, il est temps de te mettre au travail.
— J'y consens, répond Pierrot, à la condition que tu travailleras à côté de moi !
Colombine prend sa broderie et s'installe près de la table de l'amoureux. Pierrot taille sa plume et manifeste une vive joie d'être tout près de celle qu'il aime. Il essaie d'écrire.
— Ma plume ne va pas, dit-il, elle crache, grince sur le papier, et toujours quelque obstacle se loge dans le bec.
— Comme mon fil ! s'écrie Colombine. Tu me l'as tout emmêlé en jouant avec moi!... Allons, monsieur, il faut m'aider à le démêler... A genoux, et tenez bien l'écheveau entre vos deux mains.
Pierrot obéit aux ordres de sa maîtresse.