‹ Pantomimes de Gaspard et Ch. DeburauChapitre 36 sur 124 · CLAUDE, MARGUERITE · texte numérisé non relu

CLAUDE, MARGUERITE

Marguerite pleure. — Où est-il? Est-il tué dans le combat? Elle l'aperçoit, pousse un cri de bonheur et se jette à son cou. — Claude, qui était en prière, se relève avec effroi. — Marguerite le calme. — « C'est

moi qui t'aime. Tu n'as pas été blessé dans le combat? »

— Il Se tâte le COrpS. (Jeu de scène très prolongé.) « Non. »

— « Tu es beau, lui dit Marguerite, tu es brave, tu es pieux! raconte-moi le combat. »

— Quel combat?

— Mais celui dont tu es sorti vainqueur.

— Ah! oui, oui.

11 se souvient peu à peu.

Il exprime qu'il a eu mal au cœur, — qu'il a bu,

— et qu'il a tué dix ennemis et a conquis un drapeau.

(Cette scène est mimée sur de la musique qui exprime tour à tour l'état où il se trouvait . — La prière, — l'ivresse, — son courage et la lutte qu'il a eue à soutenir.)

— Je t'admire, dit Marguerite,

Claude embrasse respectueusement la main de sa belle-sœur.

Celle-ci lui dit en lui présentant sa joue : — «Non, pas là, mais là. »

Claude tressaille.

— Venez vous asseoir près de moi . (Elle l'entraîne sur un canapé.) Qu'avez-vous? lui dit-elle.

— J'ai... j'ai faim.

— Ah! je n'y pensais pas. (Elle ordonne qu'on apporte un souper. -— On le sert.)

Claude dévore.

Marguerite lui sert à boire du Champagne.

Il boit, — mange de nouveau, — redemande à boire.

— A votre santé, dit-il, et vous, vous ne buvez pas?

— Je n'ai pas de verre, dit-elle, — et timidement lui prend le sien. — Elle le retourne et boit à l'endroit où les lèvres de Claude se sont placées. (Frémissesement de Claude.) Marguerite lui rend le verre, — et gracieusement le fait boire au même endroit où elle a bu.

Puis doucement elle l'enlace.

Claude se laisse faire et témoigne d'une sensation qu'il n'a jamais éprouvée.

Peu à peu il s'endort.

— Allons là, dit Marguerite. (Montrant la chambre nuptiale.)

Il se laisse faire, — doucement et virginalement.

Ayant peur, elle-même, elle l'attire vers la porte.

Il se laisse conduire machinalement. — Tout à coup il aperçoit l'épée de son frère sur une panoplie.

Il est réveillé tout à fait.

Il se révolte et se met en fureur contre lui-même.

11 se place devant une glace et se frappe.

Marguerite croit qu'il est fou et sort pour appeler du secours.

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