‹ Pantomimes de Gaspard et Ch. DeburauChapitre 35 sur 124 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Claude seul.

Il recommence à être malade.

Un marin lui conseille de boire quelque chose. Il accepte, et boit un verre d'eau-de-vie. Il a fait d'abord la grimace, — recommence. — Ce n'est pas si mauvais, dit-il.

Cependant, il est un peu étourdi et trébuche.

Coups de canon au lointain.

Il tremble de tous ses membres, tombe à genoux, fait sa prière et se bat la poitrine.

Le marin qui croit qu'il a le mal de mer le relève.

Mais c'est la peur qui l'oppresse, le marin lui fait prendre un autre verre.

11 est complèlement gris.

(Coups de canon.)

Tout le monde est sur le pont.

Miss s'approche de Claude. « Si tu es tué, je mourrai avec toi », lui dit-elle. Claude, clans son ivresse, se laisse embrasser et rend les baisers machinalement.

L'amiral revient et ordonne le branle-bas.

Les canonniers tirent ; on voit arriver l'avant du vaisseau ennemi.

L'amiral ordonne à Claude de monter à l'assaut; il vide la bouteille ; il est plein de courage, il prend une hache d'abordage et monte à des cordages.

On le voit, sur le beaupré du vaisseau, faire tomber à la mer huit ou dix corsaires ; il revient avec le drapeau ennemi.

L'amiral le félicite. Claude se met à genoux devant lui. L'amiral l'embrasse en faisant sur son dos un roulement de tambour avec ses jambes.

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