PANTOMIME VILLAGEOISE EN CINQ CHANGEMENTS
1er CHANGEMENT
Une campagne. — Maison à droite et à gauche.
Des garçons traiteurs dressent les tables et mettent le couvert. On entend le tintement des cloches. Entrée du cortège à la tête duquel marche gravement le Bailli. Il est suivi de Pierrot et de sa femme, et de tous les gens de la noce.
Mathurin gronde les garçons de leur paresse; le Bailli poursuit Louise et se trouve face à face avec Pierrot qui le repousse et l'envoie tomber sur un plat de crème qu'apporte un garçon. Celui-ci se fâche ; Fifine vient le cajoler. Pierrot devient jaloux et promet une correction à sa femme qui se plaint à sa mère. Pour mettre fin à cette discussion, le père de Pierrot donne le signal de se mettre à table. Tout le monde s'empresse de prendre sa place. Pierrot ne peut en
trouver aucune. Son père lui remet une pile d'assiettes en l'invitant à servir à table.
Le tambour se fait entendre. Michel, suivi d'un de ses amis, vient se jeter dans les bras de son père et de son frère. Mathurin invite tout le monde à se remettre à table. Le Bailli, placé entre Louise et la mariée, cajole ses voisines, ce qui excite la jalousie de Pierrot au point qu'il finit par lui casser une assiette sur la tête. Mathurin gronde son fds qui lui renverse une bouteille de vin sur la tête. On apporte la jarretière de la mariée, puis on commence les danses. Pierrot veut danser avec sa femme, mais un soldat la lui enlève.
Le Bailli emmène Louise pour danser avec elle...
Michel le repousse et s'empare de la jeune fille.
Le Bailli furieux appelle la mère de Louise. Il la lui demande en mariage, et, afin de la décider, il lui montre plusieurs billets de banque que Michel arrache et dont il lui jette les morceaux au nez.
Enfin, on commence les danses. Pendant ce temps, le Bailli, voulant se débarrasser de Michel et le perdre, place des billets de banque dans son sac pour l'accuser ensuite de vol. Cela fait, il sort pour aller quérir la garde. Mais une jeune paysanne qui a vu ce qui vient de se passer, ramasse la tabatière du Bailli, tombée sans qu'il s'en soit aperçu.
Le Bailli revient en scène accompagné d'un officier et de plusieurs soldats. Aussitôt les danses sont interrompues. Le sergent Michel est accusé de vol. L'officier lui fait vider son sac dans lequel se trouvent les billets. Michel reste anéanti. On l'arrête et la garde l'emmène.
Pierrot ne doutant pas que son frère Michel ne soit victime dune méchanceté du Bailli, veut lui administrer une correction. Il lui porte un coup de béquille, mais c'est Mathurin qui le reçoit. Le Bailli se sauve. Pierrot veut s'en aller avec sa femme, mais son père le force à le suivre pour tâcher de délivrer son frère.
2e CHANGEMENT
Une prison. — Une table et un banc de bois.
Un soldat amène Michel prisonnier. On frappe à la porte. Mathurin et Pierrot présentent un laisser-passer. Ils sont introduits. Michel embrasse son père et son frère qui lui proposent de le faire évader; mais le jeune militaire refuse, n'étant pas coupable. Mathurin envoie le soldat chercher du vin, puis on le fait boire.
Alors Pierrot change d'habits avec son frère et se dispose à le faire sortir à sa place, lorsque le Bailli se présente. Aussitôt Pierrot, pour se tirer d'embarras, attrape un balai et se met à faire l'exercice sous le commandement de son père. Le Bailli appelle la garde à laquelle il ordonne de faire sortir Mathurin et Pierrot. Celui-ci en s'eu allant donne un violent coup de balai sur le ventre du Bailli.
Le Bailli propose à Michel de le rendre à la liberté
gg PANTOMIMES
à la condition qu'il lui cédera tous les droits à la main de Louise. Mais Michel, furieux d'une pareille proposition, s'élance sur son indigne rival et va lui faire un mauvais parti lorsque l'officier arrive avec ses soldats. On emmène Michel, le Bailli triomphe.
3e CHANGEMENT
Un hameau. - Sur l'un des côtés, une maison. - Au-dessus de lu porte est écrit : Conseil de guerre.
Mathurin, Pierrot et tous les villageois arrivent pour assister au conseil qui va juger Michel. Plusieurs officiers supérieurs entrent au Conseil, ainsi que Michel entouré de soldats. . ,
Le Bailli se dirige vers la maison. Mathurin lui demande de ne pas perdre son fils. Le Bailli promet d'être indulgent, mais à la condition que la main de Louise lui sera accordée.
On rejette sa proposition. Pierrot veut s élancer sur lui mais le Bailli se réfugie clans la maison du Conseil dont l'entrée est défendue à Pierrot par la sentinelle. Un roulement se fait entendre; une voix partant de l'intérieur du Conseil prononce ces paroles :
« Le sergent Michel, atteint et convaincu de vol et de voie de fait envers le Bailli, est condamné à la degradation et à la peine de mort. » (Roulement de tambour.) ' Sortie des membres du Conseil, du Bailli et de Michel. On procède à la dégradation du condamné, après
quoi on l'emmène en prison. Tous les assistants sont plongés dans la tristesse la plus profonde.
Un coup de feu se fait entendre. Pierrot tombe en défaillance dans les bras de son père. Michel accourt dans le plus grand désordre ; on est à sa poursuite. Il cherche un endroit pour se réfugier. Pierrot, revenu à lui, le fait cacher dans un taillis. Aussitôt la joie renaît parmi les villageois ; tout le monde se met à danser en rond. La garde arrive; l'officier demande si l'on a vu le prisonnier. L'on continue à danser sans lui répondre. Alors il divise ses soldats sur divers points. Pendant ce temps, Pierrot a fait prendre à son frère le costume de paysan et le fait évader. Mais le Bailli se trouve sur son passage et veut l'arrêter. Les villageois, sur un signal de Pierrot, lancent tous ensemble leurs chapeaux sur le bailli, qui est obligé de prendre la fuite.
4e CHANGEMENT
Une chambre rustique.
Michel entre au milieu de ses parents et de ses amis. On frappe à la porte. Mathurin fait cacher son fils dans une armoire, et, presque au même moment, le Bailli entre en scène poursuivi par Pierrot, qui a l'œil poché. Mathurin indique à Pierrot que son frère est caché dans l'armoire. Le Bailli, qui a compris ce signe d'intelligence, s'empresse de courir à l'armoire ; mais Louise
et Fifine le retiennent. Pierrot profite de cette circonstance pour faire descendre Michel dans la cave. Le Bailli, rendu à la liberté, y descend à son tour. Pierrot fait remonter son frère par une autre porte de la cave. Le Bailli le retient par une jambe. Pierrot, pour lui faire lâcher prise, ne trouve d'autre moyen que de lui jeter un seau d'eau sur la tête.
On frappe de nouveau à la porte.
L'officier vient réclamer son prisonnier. Pierrot lui dit qu'il est dans la cave, dont il s'empresse d'ouvrir la porte. Le Bailli sort pendant que Michel se sauve. Les soldats le poursuivent.
La petite paysanne qui avait vu le Bailli mettre les billets de banque dans le sac de Michel vient pour avoir une explication avec lui. Elle le menace de dévoiler sa conduite. Le Bailli l'envoie promener et court sur les traces du fugitif. La jeune fille fait part à Ma? thurin de la perfidie du Bailli et lui montre sa tabatière, qu'elle a gardée comme preuve à conviction.
Mathurin s'empare de la tabatière et court demander justice au colonel. Tout le monde le suit.
5e CHANGEMENT
Une place d'armes. — D'un côté, l'entrée de la prison. — De l'autre, l'Hôtel de ville surmonté d'un cadran d'horloge.
Michel est ramené dans la prison. Le Bailli est accompagné de la garde. Il entre ensuite à l'Hôtel de Ville et avance d'une demi-heure l'aiguille du cadran,
qui marquait une heure et quart. Il sort ensuite et se dirige vers la prison. Pierrot, à son tour, retarde l'horloge de trois quarts d'heure. Le Bailli revient avec l'officier et lui dit que l'heure du supplice est arrivée. L'officier lui montre le cadran et lui fait reconnaître son erreur. Le Bailli reste anéanti. Pierrot s'applaudit de sa ruse, lance un coup de sa baguette au Bailli et se sauve. Enfin, deux heures sonnent à l'horloge. Michel sort de prison. Tout le théâtre se garnit de monde. Pierrot, Louise et Fifine sont au nombre des spectateurs. Michel leur fait ses adieux, puis il prend place et commande le feu.
Dans ce moment, des cris se font entendre dans le lointain. Marguerite accourt avec un officier supérieur porteur de la grâce de Michel.
l'officier.
« Le sergent Michel est innocent. Les billets de banque trouvés dans son sac y ont été mis par le Bailli lui-même. »
Dénégations du Bailli.
L'officier fait alors avancer la jeune paysanne, qui présente au Bailli sa tabatière et qui semble lui dire : la reconnaissez-vous?
Le Bailli est forcé d'avouer sa coupable action. Il est arrêté. Michel reçoit les félicitations de tout le monde*
Il remercie SOn capitaine. (Tableau général et final.)
BALLET-PANTOMIME EN TROIS TABLHAUï
PERSONNAGES
PIERROT