‹ Papa: comédie en trois actesChapitre 10 sur 112 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

JEAN

En refusant de te marier î

JEANNE

Ahl çal

JEAN

Enfin, si tu ne te maries pas, qu'est-ce que tu comptes faire?

JEANNE

Eh bien, j'aime mieux vous le dire là... Je pense à m'en aller...

JEAN

Où veux-tu aller ?

JEANNE

N'importe!... à la ville... à Toulouse où j'ai une tante, la sœur de maman.

JEAN

Ah! Tu veux voir les Toulousains? Eh bien, ma petite, clans ce cas là c'est pas à Toulouse qu'il faut aller, c'est à Paris... Ils y sont tous... dans les places... dans le gouvernement... Tu ne sais donc pas qu'en France, ce sont les Toulousains qui ont succédé à l'Empire I

JEANNE

Ohl vous pouvez rire.

C'est un caprice... ça passera,

JEANNE

Non... Je l'ai cru aussi que ça passerait... Et pais

ça ne passe pas... Je suis bien décidée... Je vous en prie, laissez-moi partir sans rien me dire... c'est triste de partir, faut pas en parler.

JEAN

C'est bête ce que tu veux faire-h\ Jeanne, et c'est xnd ! Viens ici ma potile : regarde ce paj's-là... C'(\>1 ton pays. Ecoute-le. Si tu ne l'entends pas, tant pis pour loi. Tiens! le vent a tourné. Voilà les nuages qui nient... Toutes les feuilles bougent, elles sont contestes. Les petits toils rouges de Lannemezan se reposent autour du clocher, comme des perdreaux dans un sillon. Et le ciel, comme il est léger I Comme il est gai !... Vois-tu, Jeanne, un ciel comme ça!... il n'y en a pas ailleurs...

JEANNE

Mais vous n'y avez jamais été ailleurs!

JEAN

Ça ne fait rien, j'en suis silr. Et là-bas derrière les saules du Pré Mouzu, regarde... quelque chose qui luit... C'est un ruisseau pas plus large que ça ! Nous le passions d'un saut, quand nous étions petits. C'est la Garonne I

JKANNE.

Oui, monsieur Jean. Mais dites donc, elle s'en va la (laronne, elle s'en va à Toulouse I

Oui, il parait... Mais aussi, en fait-elle des tours et des détours avant do quiter son val... Elle prend par lé plus \otg, elle ^agne du temps. Elle voudrait bien

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