ACTE PREMIER
QEORGINA, entrant
Bonjour, mon voisin.
JEAN', 8e levant.
Mademoiselle GeorginalDu diable si je m'attendais à vous voir aujourd'hui par ici. Et même j'allais vous envoyer ce panier de muscat.
GEORQINA.
Ah! tant de fois merci. J'aime. Parce que le muscal, c'est du raisin de France... mais on dirait qu'il a gardé un goût... enfin comme un accent étranger. Il est comme moi.
JEAN
Je lui en fais bien mes félicitations.
GEORGINA
Oh! ne soyez pas thuriféraire... les compliments, j'ai en grippe.
JEAN
Mais, je ne vous complimente pas... On est trop bons camarades pour ça.
GEORGINA
Oui, tout à fait camarades. Je suis vieille fille, vous aussi... Non, ça c'est ridicule, nous sommes une paire de vieux garçons.
JEAN
Qui vivent de bonne amitié.
GEORGINA
Voilà, (n» se serrent la main ) Dites, je ne VOIS dérange pas.
Pas du tout... Je mangeais ma soupe.
GEORGINA
Parce que je viens vous demander ijuelque chose. (EHe ouvre l'écueUe.) Oh! ccIa Semble une pâtée.
JEAN
Dame! la cuiller doit tenir debout dans l'écuelle, sans ça la soupe n'est pas bonne.
GEORGINA, plantant la cuiller.
Elle est bonne. (EUe s-assied.) Ouf I je suis cuite, je suis une pauvre petite chose cuite.
JEAN
D'où arrivez- vous?
QEORQINA.
De Saint-Bertrand.
Elle s'assied..
JEAN
Aussi, on ne pédale pas sur les roules par un soleil comme ça.
QBORQINA.
Il fallait bien. Nous avions réunion à la Côte avec le couvreur et le char(jenticr pour le toit do notre grange qu'il faut refaire. J'ai mesuré et disputé avec eux une heuie, et alors je viens pour vous montrer les devis qu'ils m'ont fait^. J'ai peur qu'ils nous volent ohl pas beaucoup, c'est des braves gens, mais qu'il» volent un peu, enlln comme volent les braves gens. Hegardez.
BUelul teod un compte.