ACTE PREMIER
GHA.RMEUIL.
Oh! moi, mon vieux... tu sais...
LAHZAC.
Quoi? oh! moi mon vieux! Tune sais pUis dire que ça.
CHARMEUIL.
Ecoute, Gaston, tu ne tiens pas assez compte de l'état où je suis... En ce moment, mon vieux, tu me demanderais le nom du Président du Jockey, je ne pourrais pas te répondre. Je suis claqué.
LARZAG.
Quoi?... pour une promenade en auto?...
GHARMKUIL.
Tu appelles ça une promenade, huit cent cinquante kilomètres, presque d'une traite ! Et ce soleil ! Ecoute, Gaston, tu ne tiens pas assez compte du soleil.
LARZAG.
Quelle loque!
GHARMKUIL.
Non! quand je songe à ces deux journées, c'est effrayant! Avant-hier, à deux heures du matin, tu arrives au Club... Je te dis : d'Epornon vient de lever mille louis à la première tahlo. Il passe la main. Il y a une suite ndiniiahle à prendre. Tu me réponds : « J' m'en fous, va faire la valise, nous partons dans trois heures pour le I-'^n-uedoc. n Je ne savais pas où c'était, moi, le Lan-ucdoc, je croyais que c'était tout près de Paris. Et puis, va te promener. C'est en Espagne I
LARZAG.
Eh bien, il ne fallait pas venir I
GHARMKUIL.
Est-ce que je pouvais ? Moi, je te suis dans la vie, Gaston, Voilà vingt ans que je te suis. Tu n'es plus d'un âge où je puisse changer mes habitudes.
LARZAC.
Pauvre vieux!... Je te remercie tout de même. Tu es un ami... Tu m'as toujours donné la moitié de tes joies. En échange, je t'ai toujours donné la moitié de mes embêtements, nous sommes quittes. Je t'assure; j'avais besoin de t'avoir ici près de moi, au seuil de tout ce qui se prépare.
GHARMEUIL.
C'est vrai ! Allons, je ne t'en veux plus. Je me résigne... d'ailleurs, ce fauteuil m'a fait du bien...
On aperçoit le curé qui passe dans lo chemin creux. LARZAG.
Ah I voilà le curé I Fiche-moi le camp.
GHARMEUIL.
Hein?
LARZAG) le forçant & se relever*
Oui, je tiens à être seul avec lui.
GHARMEUIL.
Mais où aller ?
LAH»Aa.
N'importe où, sur la route.
GHARMiiUIL'i
Je vais m'ennuyer.