ACTE PREMIER
LE CURÉ
Vous trouvez?
Oui, je trouve... maintenant.
LE CURÉ
Tant mieux. Je vais aller au-devant de lui. Nous reviendrons ensemble. Je lui parlerai de vous en descendant la vallée. Le jour tombe. C'est une bonne heure. Il y a de la douceur dans les âmes.
LARZAC.
Vous êtes un brave homme, monsieur le curé. Voyez-vous, je ne vous remercierai jamais assez... Vous venez de me rendre une jeunesse.
LB CURÉ
Hé là!...
LARZAG.
Rassurez- VOUS, ce n'est pas la mienne... Tenez, monsieur le curé, il faut que je vous embrasse.
H rembrasse au moment où U sort.
LE GURÉ.
Adieu, monsieur. Je n'ai pas travaillé aujourd'hui à ma vigne, mais tout de même, je n'ai pas perdu ma journée.
LARZAG va pour sortir. II s'arrête »ur le pa» de la porte, il regarde autour de lui avec une émotion croissante.
Le plafond enfumé... le vieux fauteuil... le bahut...
(n va à la cheminée, regarde le vieux fusil qui y est suspendu, touche la veete de chasse osée qui pend à un clou.) PaUVre petit ! (Puis il ftvient à la tabl*. — Il ouvre machinalement xin agenda qui s'y trouve
et il lit.) « Dépenses de la ferme... dimanche 27 juin. )) Rentré les foins du Pré Mouzu, loué trois journa- » liers à cinquante sous, deux chevaux de renfort ;\
)) trente-cinq sons. » (n s'interrompt et referme le livre.) Vinut-
sejit juin... C'était le grand Prix... Pauvre petit!