‹ Papa: comédie en trois actesChapitre 31 sur 112 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LARZÂC, se promenant avec agitation.

Oui, oui... Oh! Je ne suis pas fier, allez... je passe pourtant pour avoir de l'eslomac... mais quand je pense que dans un instant, mon fils va entrer là, que je vais le voir pour la première fois, qu'il va... naître pour moi... j'éprouve une émotion... mais une émotion... Tenez, monsieur le curé, avez-vous jamais pris une banque de dix mille louis?...

LARZAC.

Oui. Evidemment. Dans vos réunions de curés, vous ne pouvez prendre que de toutes petites banques. Enlin, tout ce que j'ai ressenti jusqu'ici n'est rien à côté de ce que j'éprouve en ce moment... Ma parole, il me semble que j'ai peur.

LE CURÉ

Moi aussi j'ai peur.

LARZAG.

Vous dites ?

LE CURÉ

Oui, je ne puis m'empêcher de craindre cette rencontre... si imprévue...

LARZAa.

Ahl

LE CURÉ

Ce heurt, cette surprise, c'est incertain, c'est dangereux. Que va-t-il se passer? Un mot de trop ou un mot de pas assez peut compromettre tout l'avenir.

LARZAG.

Oui, peut-être... Mais alors, que faire?

LE CURÉ

Eh bien, si j'osais... je vous donnerais un conseil.

Donnez.

LB GURÉ.

Ce serait de ne pas courir ce danger.

LARZAG.

Comment cela?

LE CURÉ

En me laissant le soin de lui annoncer votre retour et votre résolution, H est fort possible qu'il accepte tout cela très simplement. C'est tout ce que j'espère, mais il peut en être tout autrement. Et alors, laissezmoi le temps de l'éclairer, de l'adoucir... Je vous en prie, fiez-vous à moi... repartez pour Paris. Il ira vous rejoindre dans trois jours au plus tard, je m'y

LARZAG.

Mais songez à ce que vous me demandez ?

LE GURÉ.

J'y songe. Pardonnez-moi d'insister. Mais croyezmoi, mon conseil est sage. Allez attendre Jean à Pari».

LARZAG.

Rh bien, monsieur le curé^ vous avez raison. Je vous obéirai, mais o'est long, trois jours.

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