ACTE PREMIER
GEORGINA
Qu'est-ce que vous dites là ?
JKAN.
Ah I je vous en prie, tâchez de comprendre... ne inc forcez pas à dire les mots... Les mots et moi, nous nous gênons. Et puis, je suis si surpris... Tout cola était en moi... et je ne le savais pas... Je ne le savais que depuis un moment. Tout d'un coup, j'ai pensé que demain et les autres jours, je ne vous verrais pas... ni ici, ni sur la route, ni dans le village... Alors, je n'ai plus songé qu'à ça... Oh! si vous saviez comme je soulTre de me sentir si maladroit... de ne I»as pouvoir... de ne pas savoir vous dire... ce que...
GEORGINA
Vous l'avez dit.
Non.
Si.
Pardonnez-moi.
JEAN
GEORGINA
11 n'y a pas de quoi.
JEAN
Vous n'êtes pas fâchée?
GUORGfNA.
Pas du tout fâchée, au contraire.
Vous ne ni'nimpz pns pou-'iant ?
GF.ORGIN \.
Q land j^ vous rcnc >aUe dans les champs, et que vous avez l'air triste j'ai envie d'avoir aussi de la peine. Quand je trouve q le vous avez l'air heureux, je me dis : « Il ne lui manque donc rien ? » Quand je suis sur le chemin qui c nduit ici, j'ai plus de plaisir que quan i je suis sur tous les autres chemins. Est-ce que c'est ça ?
JEAN
Pas tout à fait.
GEORQINA.
Et puis aussi, depuis que je vous connais, les soucis que j'ai eus me paraissent moins soucieux... beaucoup plus petits, beaucoup plus loin... et il me semble que l'on vit plus doux là-bas dans la petite maison où nous habitons, maman, le singe, les perruches et moi.
JEAN
Eh bien, Georgina, le jour où vous voudrez venir habiter celle-ci, vous la rendrez bien heureuse. Elle sera toute changée, toute embellie, elle sera plus claire que le jardin...
OBORaiNA.
Ohl mon ami, j'ai tant d'émotion... Une émotion que je n'ai jamais ressentie pour aucune chose.
JKAN.
Il ne faut pas en avoir, Georgina, et il ne faut pas que vous me répondiez maintenant. Nous autres à la campagne, nous n'aimons pas les choses qui se décident vite. Il faut les voir venir. Le soleil ne se lève