SCÈNE PREMIÈRE
TOURBANYÈS, à son bureau, PIERRELUGUE, debout
devant la fenêtre ; DeuX SoLDATS, assis et écrivant au fond et à gauche. Entre ROUDIER, un cahier sous le bras.
TOURBANYÈS.
Bonjour, Roudier, vous venez me communiquer le rapport?
ROUDIER
Oui, mon capitaine.
TOUBBANYÈS.
Où es-tu donc, Pierrelugue ?
Je regarde tes oiseaux... C'est rempli de microbes^ ces sales bêtes...
‘TOURBANYÉS.
Peut-être... mais ça chante^ et de temps en temps ça me fait oublier les hommes...
PIERRELUGUE.
Ça dépend des goûts... Moi je trouve que ça gueule,, et c'estbigrement embêtant le matin quand on a envie de faire un bon coup d'oreiller... C’est comme tes fleurs... A quoi ça te sert-il?
TOURBANYÉS.
Ça sent bon et c'est joli!
PIERRELUGUE.
OuÇ tu es comme le lieutenant-colonel, toi !. Il me disait qu'après avoir trimé toute la journée^ le soir, dans son jardin^ pour se distraire, il se fout devant une rose et se met à rêver...
TOURBANYÉS, à Roudier.
Qu'y a-t-il de nouveau?
ROUDIER
Le tabléau de service est comme à l'ordinaire, mon capitaine; à trois heures, revue d'ensemble sur l'Esplanade, des hommes qui font partie du détachement pour le Tonkin.
TOURBANYÉS, après un mouvement.
Déjà! triple grand Dieu vivant!... Quand donc est le départ?
ROUDIER
Demain matin à onze heures. Voici la liste des officiers et l'état des partants fourni par les comman-