‹ Papa la vertu; pièceChapitre 115 sur 129 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

TOURBANYÈS, GLORIEUSE.

GLORIEUSE, courant à lui.

Mon parrain... mon cher parrain!

TOURBANYÈS, l’embrassant.

Ma petite Glorieuse... Gomme tu es encore pâlotte! Je suis allé plus de dix fois chez notre bonne Angéline; ta pauvre tête battait la campagne, ta main me repoussait; tu ne me reconnaissais plus, tu avais peur de ton vieux parrain comme si j’eusse été un de ces misérables qui ont voulu t’assassiner !

GLORIEUSE

Pierre vous a donc confié...

TOURBANYÈS.

Le secret de ta maladie, de ton délire... Oui, mais sois tranquille, il sera bien gardé...

GLORIEUSE

Oh! sûrement, s’il ne s’agissait que -de moi, je ne redouterais guère les commérages, mais c’est pour... celui qui nous a quittés...

Un temps.

TOURBANYÊS, sombre.

Oui...

GLORIEUSE

Ah! mon parrain! si vous saviez comme je souffre!... Depuis que ma fièvre s’est apaisée, depuis que j’ai recouvré toute ma raison, toute ma mémoire et que je songe sans cesse au grand malheur qui nous a frappés, je me demande s’il n’eût pas mieux valu pour moi rester là-haut sous la neige.

Veux-tu bien te taire?... Tu me ferais pleurer, moi, un vieux soldat, un dur à cuire, avec des idées pareilles... Certes c’est un malheur, le plus terrible peut-être qui pût s’abattre sur moi, avant que je prenne ma feuille de route pour l’autre monde mais s’il te frappe cruellement, l’avenir ne t’en garde pas moins des joies qui finiront par te le faire oublier. Pierre d’abord, et Tamour dans la vie, petite, croisen un homme qui n’en a ramassé que des miettes, l’amour c’est plus fort que tout... Et puis, il y a aussi ce vieux bonhomme de père Tourbanyès qui n’a plus que toi maintenant et qui fera tous ses efforts pour ne te quitter que le plus tard possible.

GLORIEUSE

Oui, de mes deux mamans, il ne me reste que vous I

TOURBANYÈS, des larmes dans les yeux.

On t’aimait déjà pour deux... On t’aimera pour quatre...

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