‹ Papa la vertu; pièceChapitre 2 sur 129 · PREMIER TABLEAU · texte numérisé non relu

PREMIER TABLEAU

Le café des Officiers

J. Le décor représente une place de Montélijas, petite ville de ^ garnisonj sur la frontière de France et d^Espagne. A droitej ^ un hôtel, 1 Hôtel du Connétable, tenu par Bordagain. — ^ Chambres meublées. On loge à pied et à cheval. — Le rez-de- ^ chaussée sert de café. — Le café de MAI. les officiers dont la terrasse est abritée par une banne en paillasson à l^espagnole sous laquelle sont rangées plusieurs tables de bois peintes en vert séparées par de grands lauriers roses en caisses. Une entree pour le café. — Au 2® plan, la porte charretière de 1 hôtel. — A gauche, l^amorce du Cours d^Espagne^ la promenade de la ville, avec ses quinconces et ses bancs dont le premier est praticable. — Au milieu de la scène, inclinant un peu vers le Cours, une fontaine surmontée de la statue du Connétable de Navarreinx. — De ce petit monument partent des bornes cerclees de fer et reliees par des chaînes qui ferment aux voitures l’accès de la promenade et du café, lequel

se trouve enclos dans cotte proinonadcj tandis que Tcntr^o de riiütel reste en dehors des chaînes. — Çà Ct là, entre les bornes^ des intervalles libres pour donner passage aux piétons. • — • Au fond^ la petite ville étage ses toits en amphithéâtre, dominée par les cimes neigeuses des Pyrénées.

SCiiiNE PREMIÈRE

TOURBANYÈS, GROIXAILLES, MADAME ROR- DAGAIN, puis TIENNETTE et DAUNINE.

Au lever du rideau, la patronne de l’hôtel du Connétable, madame Bordagain, achève d’arroser le plancher de la terrasse. — c’est une belle gaillarde, brune, qui ne semble avoir ni froid aux yeux^ ni froid au cœur et qui est coiffée d’un mouchoir de soie, à la mode basquaise.

Le capitaine trésorier Tourbanyès, vieux brisquard, commun, jovial^ qui a lé type et la carrure des soldats de l’ancienne armée, vient s’asseoir à une des tables avec le sous-lieutenant de Croixailles^ sanglé dans un dolman neuf, presque imberbe et qui sent encore l’école.

TOURBANYÈS.

Pas beaucoup de monde à votre terrasse, madame Bordagain.

MADAME BORDAGAIN.

Les gens sont à la foire, monsieur Tourbanyès.

CROIXAILLES,

J’ai vu les baraques en revenant de faire mes visites aux ofüciers. 11 y en a d’épatantes.

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