ACTE PREMIER
TOüRBANYÊS.
Ah ! oui !.. La Ménagerie parisienne...
MADAME BORDAGAIN.
C’est la dompteuse surtout qui attire le monde... Une fille superbe... Et qui n’a pas froid aux yeux... Elle vous bouscule ses lions comme si c’étaient des caniches... Et autrement, que prennent ces messieurs?
Deux absinthes anisette... (Appuyant.) Votre anisette de contrebande...
MADAME BORDAGAIN.
Plus bas donc!... Nous serions dans de jolis draps si cette mauvaise bête de Barthès vous entendait...
TOUhBANYÉS.
Le nouveau lieutenant des douanes?
MADAME BORDAGAIN.
Un renard qui connaît toutes les ruses et nous empoisonne la vie !
TOÜRBANYÊS.
Bah ! Il a beau être futé^ il ne la connaîtra jamais dans les coins comme ce vieux miquelet d’Ezcurra avec lequel vous fraudaillez, Bordagain et vous.
MADAME BORDAGAIN.
Voulez-vous bien vous taire ! Ezcurraa certes d’autres soucis en tête... Ça lui donne assez de tintouin d’avoir, outre ses trois métairies, une fille à marier...
(Elle s’éloigne en tapant des mains et en appelant.) Tien-
nette ! Daunine !
GROIXAILLES.
Une fille à marier !... Vous ne vous mettez pas sur les rangs, mon capitaine ?
TOURBANYÊS.
Mademoiselle Dolorida Ezciirra a des prunelles qui üam])ent trop pour mes rliumatismes... Il y a Leaii temps que j’ai envoyé ma démission au nommé Gupidon, et je donnerais tout le beau sexe en bloc pour une tabatière où aurait prisé le Petit Caporal...