PIERRE, GLORIEUSE
GLORIEUSE
Je Pai soutenu par amitié^ pourtant tes paroles me faisaient mal, Pierre, mal à en pleurer.
PIERRE, faisant appel à son énergie.
Rida m'avait interrogé... Je lui répondais...
GLORIEUSE
Cette jeune fille que sa fortune t'interdit^d’épouser, ce n'est pas elle...
PIERRE
Glorieuse...
GLORIEUSE
Ne rusons pas l'un avec l'autre... ce serait indigne de toi comme de moi...
PIERRE
Que veux- tu dire ?
GLORIEUSE
Pierre, tu lésais... J'ai été élevée par des hommes... Et je suis, à cause de cela, plus décidée que les autres... Ne t'étonne donc pas si je te parle franchement, courageusement, en fille de soldat.. . N'est-ce pas que je ne me suis pas trompée tout à l'heure. Tu t’adressais à Rida, mais c'était pour moi que tu parlais... N'est-ce pas, Pierre, que tu m'aimes?
PIERRE, simplement.
Oui, Glorieuse.
GLORIEUSE
Ah! dire que je me demandais ce que lu i)Ouvais avoir contre moi, que je n'osais plus me regarder dans les miroirs, que je croyais qu'une autre m'avait pris ton cœur et que je souhaitais d'en mourir !
PIERRE
Tais-toi...
GLORIEUSE
• Pourquoi ?
PIERRE
Parce que cet amour est une folie, parce que je ne dois pas t'airner, parce que je ne veux pas que l'on puisse me reprocher d'être un coureur de dot !
GLORIEUSE, avec amertume.
Et voilà tes belles raisons! Tu nous condamnerais à manquer notre vie, parce que le hasard m’a donné quelques sous de plus qu'à toi]!
PIERRE
Songe, Glorieuse, tu as une dot d'officier et je ne suis qu'un paysan, je ne possède pour vivre que la ferme des miens, quelques arpents de terre, quelques couples de bœufs, je ne joins les deux bouts qu'avec la contrebande.
GLORIEUSE
Mon père a poussé la charrue comme toi et je travaille de mes mains, tu ne t'arrêterais pas à ces bêtises, si tu m’aimais vraiment.
PIERRE
Si je t'aime I... Mais je n'appartiens qu'à toi au monde, je donnerais toute ma vie sur la terre et toute ma vie dans le ciel pour te rendre heureuse !