ACTE PREMIER
portent intérêt seraient de mon avis... Tenez ! voici Glorieuse, votre sœur de lait, une fille de bon sens... Interrogez -la.
Glorieuse qui revient do droite les a vus au moment où elle passait^ s’est approchée d’eux.
GLORIEUSE^ souriant.
Vous VOUS disputez ?
PIERRE, souriant.
Presque...
DOLORIDA
C’est ce Pierre qui est ridicule. Je t’en fais juge !
GLORIEUSE
De quoi s’agit-il?
DOLORIDA
De mariage.
GLORIEUSE
Ah!
DOLORIDA
Je lui racontais qu’une demoiselle de chez nous aime un jeune homme et que celui-ci ne veut pas l’épouser sous prétexte qu’il est moins riche qu’elle ?
GLORIEUSE
Et qu’a répondu Pierre ?
PIERRE, s’animant à mesure qu’il parle, et peu à peu, regardant malgré lui Glorieuse, sans que Dolorida s’en aperçoive.
Pardonne-moi, Glorieuse... Peut-être partages-tu les idées de ton amie mais cela même ne saurait m’y J convertir... J’estime qu’un homme qui a souci de I son honneur, de ce que les autres peuvent penser de ' ses actes ne doit pas lever les yeux sur une jeune fille qui n’est pas son égale, celle-ci les abaisserait-
elle sur lui... Et si j'en aiinnis, si j'en adorais une qui fût ainsi au-dessus de nia (condition, ni elle^ ni personne au monde ne le soupçonneraient, dussé-je en souffrir, dussé-je en mourir!
DOLOllIDA.
L'entends-tu? Un alcade n’aurait pas plus de morgue... dis-lui donc qu’il déraisonne.
glorieuse, emue.
Excuse-moi, Rida. Mais je ne peux dire ce que je ne pensejpas.
DOLORIDA, haussant les épaules.
Rien d’étonnant à ce que vous soyez aussi extravagants l’un que l’autre, vous avez hu le même lait ! Eh bien ! moi, je prétends que le bonheur est tout dans la vie et que lorsqu’il passe à votre portée on serait stupide de ne pas le saisir ! Mais le couvert doit être mis, je vais retrouver mon père... Etesvous des nôtres, Irrigoyen?
PIERRE
Non, merci, mademoiselle, j’ai dîné après la pelote avec ceux de Saint-Etienne.
DOLORIDA. I
Alors, je vous laisse ensemble, puisque... (ironique.) ^ vous vous entendez si bien!... Au revoir, Glorieusel
GLORIEUSE et PIERRE.
Au revoir !