SCÈNE III
Les Mêmes, PROSPER.
PROSPER, montant sur l'estrade après avoir agité une sonnette. Tout le monde rentre et se groupe autour de lui.
Mesdames et messieurs, vous allez assister maintenant au repas des bêtes féroces. Cinq cents kilos de viande de première qualité vont leur être distribués devant vous. Vous remarquerez qu'ils font ainsi par jour six repas de même importance, appétit que je ne souhaite à personne de Thonorable assistance, au prix où est le roastbeef ! (uiysse pousse un chariot chargé de viande et du bout d'une fourche pousse la viande à un tigre, les assistants le suivent.) Au tOUr deS dameS I Mademoiselle Fatma, lionne du Soudan... On dit que le beau sexe aime les petits plats... Enlevez la mauviette de mademoiselle Fatma!
Ulysse passe un énorme morceau de viande à la lionne.
PIERRELUGUE.
Lui essaierais-tu un chapeau. Glorieuse, à cette demoiselle-là?
GLORIEUSE, entre Pierre et Cantabeille.
Et VOUS?
CANTABEILLE.
Bien répondu! Le fait est, monsieur le major, que vous n’iriez pas lui chercher ses microbes, hein?
PROSPER
Passons maintenant au roi du désert, le lion César, né sur les plateaux de P Atlas, âgé de sept ans... Le beefteak de monsieur César, s’il vous plaît?
Ulysse passe un énorme morceau de viande au lion qui se dresse sur ses pattes de derrière pour l’atteindre.
DOLORIDA, à Ezcurra.
Regardez-le, père! Il est superbe!
MADAME RIGÔME.
Sainte Vierge! qu’il a l’air méchant!
PIERRELUGUE.
Hé ! madame Bicorne, vous n’aimeriez pas à le rencontrer tout à l’heure dans votre chambre à coucher... à la place de M. le Maire.
MADAME RIGÔME.
Fi! monsieur Pierrelugue! vous allez me donner le cauchemar... Moi qui justement couche seule!
PROSPER
Passons maintenantà un trio de loups deNorvège... Les côtelettes de messieurs Porthos, Athos et Aramis.
MADAME BORDAGAIN, à Barthès.
Il VOUS faudrait un toutou comme celui-là, mon-