‹ Papa la vertu; pièceChapitre 47 sur 129 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les Mêmes, GANTABEILLE.

Gantabeille descend les quatre marches de l'escalier lourdement^ maladroitement^ comme un homme qui aurait aux pieds des chaussures de plomb et dans la tête un verre de trop. Il tient son képi dans ses doigts et le tortille. Les yeux de Sélika semblent attirer ses yeux.

SÉLIKA

Enfin!... vous voilà... Je commençais à être lasse de vous espérer!

GANTABEILLE^ confus.

Suis-je donc en retard ?

SÉLIKA

Il y a des cas où on doit toujours être en avance.

. GANTABEILLE, balbutiant.

C'était la crainte de vous déranger... voilà des minutes et des minutes que je monte la garde devant la ménagerie, et lorsque les cloches ont tinté par la ville, je n'ai plus senti battre mon cœur.

PROSPER5 bas à Ulysse.

Quelle bonne poire, hein?... (Haut.) Madame est servie !...

SÉLIKAj présentant Prosper.

Mon frère!

GANTABEILLE5 un peu gêné.

Très honoré, monsieur!...

PROSPER

C'est moi, mon lieutenant!... Vous excuserez le sans-façon de la réception. On n'est pas des princes... et on soupe entre soi... Ulysse, mon premier commis !

Ulysse salue.

GANTABEILLE, saluant.

Monsieur I...

SÉLIKA

Assez de manières!... A table!... J'ai une de ces pépies...

Mon lieutenant veut-il qu'on le débarrasse?...

Il prend le sabre et le képi de l’adjudant et les accroche.

• SÉLIKA

Asseyez-vous là, près de moi... tout près de moi... (Bas.) Etes-vous content, rh'sieu?

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