ACTE DEUXIÈME
est débordé... On ne s'est jamais autant épousé dans le pays que depuis quelques semaines.
TOURBANYÊS^ gaiement.
Et ce n'est pas fini^ madame... Le notaire aura bientôt l'occasion^ avant d'endosser son écharpe,, de nous confectionner un petit contrat de derrière les fagots ! (s'adressant à Glorieuse.) Qu'en dis-tu, petite?
GLORIEUSE, prête à pleurer.
Est-ce qu'on sait?
Elle arrange fiévreusement les cartons à chapeaux.
MADAME RIGOME.
Gomme elle a l'air triste, je ne la reconnais plug. .. Qu'est-ce qui la chagrine donc ?
TOURBANYÊS.
Bah! vous savez!.. Ges sacrées gamines, c’est comme des baromètres où l'aiguille marquerait toujours variable.
MADAME RIGOME.
A bientôt, capitaine !
TOURBANYÊS, saluant.
Serviteur, madame, mademoiselle Apollonie, je vous salue.
Il l'accompagne jusqu'à la porté. Au moment où elles vont sortir, Groixailles qui entrait, s'efface pour les laisser passer et salue.
GROIXAILLES.
Tiens, vous êtes là, mon capitaine ?
TOURBANYÊS, à mi-voix.
Et pas de trop, je vous l'assure... Glorieuse a le cœur à l'envers... Apportez-vous des nouvelles d'Irrigoyen ?
GKOIXAILLES.
Aucune... C’est inexplicable î
TOUIIBANYKS.
Car enfin, il y a un mois qu’il n’a donné signe de vie.
Pendant ce dialogue, Antoinette est sortie par l’arrièreboutique et Glorieuse sert la dame qui s’ôtait assise et qui lui fait ouvrir les tiroirs les plus élevés, ceux où sont les rubans.
GKOIXAILLES.
Monsieur Barthès prétend avoir blessé un des contrebandiers dans cette rude escarmouche où deux de ses hommes ont écopé...
TOURBANYÉS.
Ah ! si c’était Pierre qui fût resté là-bas... Glorieuse en mourrait de douleur, la pauvre petite !
La dame s en va. Glorieuse accourt près de Groixailles et de Tourbanj'ès.