ACTE DEUXIÈME
MADAME BORDAGAIN.
Bonjour^ mon lieutenant. Bonjour^ capitaine.
TOURBANYÈS.
Toujours belle mine, madame Bordagain.
MADAME BORDAGAIN.
Entre nous, on n’en dirait pas autant de M. Gan’ tabeille.
TOURBANYÈS.
Vous le trouvez changé ?
MADAME BORDAGAIN.
A croire que ce n’est plus le même homme depuis qu’il a l’amour en tête.
GROIXAILLES, tristement.
Pauvre Gantabeille I .. Je le plains d’être tombé dans un tel guêpier... Gette femme porte malheur.
Tourbanyès tressaille en entendant cette réplique.
MADAME BORDAGAIN
Au train dont il va, son bas de laine sera vite dégonflé. G’est tout le temps des bamboches dans la baraque, et je sais par M. Picarel, le bijoutier de la rue Gontrescarpe, que l’adjudant lui a acheté, pas plus tard qu’avant-hier, une montre en or et une bague de mille francs.
TOURBANYÈS.
Triple grand Dieu vivant ! Si ça ne fait pas suer, de voir pareille bêtise ! La gueuse le videra comme un verre de vin !
GROIXAILLES, voyant la porte s’ouvrir.
Plus bas !.. Mademoiselle Glorieuse!
MADAME BORDAGAIN.
Oui... elle saura assez vite !
GLORIEUSE^ appelant de rarrière-boutiquo.
Voulez-vous venir, madame J3ordagain?
MADAME BORDAGAIN.
Voilà! voilà!., je vous dis adieu^ iriessieurs, je sortirai par rarrière-boutique... mais, entre nous, si vous pouviez mettre une muselière à la dompteuse... je crois qu’il n’est que temps !
Elle ôntre dans l’arrièro-boutique.
GIIOIXAILLES.
Le lieutenant-colonel ne sait rien?
TOUHBANYÈS.
Pardieu ! je voudrais tirer ma bourrique de son ornière sans que cela s’ébruite à la caserne... Et puis le malheureux a assez de ses propres ennuis.
GBOIXAILLES.
Gantabeille !