SCÈNE XIV
Les Mêmes, LE COLONEL DE PASQUEVILLE.
PASQUEVILLE, encore poussiéreux, sévèremeut.
Je VOUS avais dit de m'attendre à quatre heures et demie^ à la caserne, adjudant... Gomment se fait-il que je ne vous y aie pas trouvé ?
GANTABEILLE^ gêné.
Je vous demande pardon, mon colonel^ l'on m'a mis en retard à la poste, et puis. Glorieuse vient seulement de partir avec son fiancé pour Espelette... Le temps passe vite...
PASQUEVILLE, redevenant familier.
Le fait est que ça ne t'arrive pas souvent de manger la consigne, mais tu aurais été là^ j'en suis sûr^ plutôt une heure à l'avance, si tu avais pu te douter... (Silence.) Ah! ü y a des moments où l'on regrette vraiment de ne pas être resté sur quelque champ de bataille^ comme ce pauvre Gazeaux!
GANTABEILLE.
Vous, mon colonel î
PASQUEVILLE.
Plus que tout autre I... Mais il ne s'agit pas de ça ! On m'attend chez maître Ricôme... Si tu savais ce qu'il me tarde de lui porter son argent... Tu as ma lettre?
GANTABEILLE, après un temps.
La... la voici, mon colonel.
Merci.
PASQUEVILLE.
D’une main tremblante, Cantabeille remet la lettre au colonel, et lui présente le registre.
Ah! oui, ma signature... Voilà! (Gaîment.) A demain, Cantabeille, à demain!
D’un pas loger, le visage éclairé, l’officier sort. Gantaheille tombe accablé sur sa chaise, la tête dans ses mains.