‹ Papa la vertu; pièceChapitre 82 sur 129 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

MADAME BORDAGAIN.

Probablement dans vos talons... Je parierais qu'il a profité tout de suite de votre absence pour aller vous acheter à Bayonne quelque beau cadeau... (se chauffant à la flamme.) Ça VOUS réjouit de voir la couleur du feu !..

GLORIEUSE

Mais on ne met pas quatre jours à choisir une robe ou un bijou... (se lève.) Il est peut-être tombé malade*.. Il faut que j'aille voir mon parrain...

MADAME BORDAGAIN.

Le capitaine Tourbanyès, mais ma petite, il î i parti dés Paube pour aller voir à Lecumbery toute une boîte d'affaires de toilette qui servaient^ paraît-il, en campagne, au grand Napoléon, et qu'il veut ajouter à sa fameuse collection du premier Empire. Il est revenu, ce soir, harassé de fatigue, et à cette heure, il dort du sommeil du juste, le cher brave homme, vous n'auriez pas le courage de le réveiller en sursaut. Patientez jusqu’à demain...

GLORIEUSE

Puisque je ne peux pas faire autrement... (soupirant.) Ah! mon cœur avait déjà assez de soucis!

MADAME BORDAGAIN, qui arrange un petit couvert sur la table.

Eh ! Sainte mère' ! pour qui, encore ?

GLORIEUSE

Pour celui que j'aime, Béline, pour mon pauvre Pierre qui va être en aventure dans la montagne par ce temps de neige... avec une blessure à peine fer,

mée...

MADAME BORDAGAIN.

Croyez-moi, Pierre ne risque rien, cette nuit...

Barthès a été appelé à Oloron, pour une vieille affaire que Ton juge de nouveau... Les femmes^ même, seront de la partie^ (Gaiement.) et Dieu me damne, nous passerons nos dentelles en chantant au nez des gabelous .. mais vous devez mourir de faim, je vais vite vous faire rissoler deux œufs.

Elle se précipite en chantant la chanson suivante dans la cuisine, dont la porte reste ouverte.

Au doux bosquet d'amour — Vole, mon cœur, volel La nuit et le jour,

Chante un rossignol.

GLORIEUSE

Ah I Votre gaîté me réchauffe le cœur, ma bonne Béline 1

MADAME BORDAGAIN, de la cuisine, s'interrompant de chanter.

Dites donc, je pense bien que le dîner de noces se fera chez nous.. .

GLORIEUSE

Et où voudriez-vous que Ton aille ?

Coup de sonnette.

MADAME BORDAGAIN, de la cuisine.

On a sonné !

GLORIEUSE

Ne vous dérangez pas. C’est le coup de sonnette du père Arréguy^, le facteur. Je le reconnais. (Elle va ouvrir. ) Sainte Vierge I Faites que ce ne soit pas une mauvaise nouvelle !..

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