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muscle où à séjourné la Papaïne, on trouve, entourée par le tissu musculaire normal, une partie ramollie, pulpeuse et gélatineuse, formée par le musele digéré.
On obtient des résultats analogues sur des tissus pathologiques comme l’adénome et le cancer.
À cause de cette action intense exercée par la Papaïne sur les tissus vivants, on doit s'attendre à voir des accidents graves, voire même mortels, produits par l’usage de la Papaïne. Du reste, en Amérique, les accidents occasionnés par le lait du Papayer ne sont pas rares. A la séance du 25 février 1880 de la Société de thérapeutique, le D' Manorvo avait envoyé une lettre, dans laquelle il signalait des accidents intestinaux mortels, produits par le lait de Papayer. La victime, sur le conseil d’une voisine imprudente, avait fait usage du suc du tronc de l'arbre; elle succombait quelques jours après, présentant tous les phénomènes d’une péritonite suraiguë, consécutive elle-même à une entérite très aiguë.
Mais la Papaïne bien que très active, n'offre plus les mêmes inconvénients que le lait proprement dit. Celui-ci paraît contenir des principes toxiques et oléo-résineux qui n'existent manifestement pas dans la Papaïne.
Enfin, quelques auteurs ont étudié l’action de la Papaïne sur les organismes inférieurs. Le D' Rosbach avait annoncé que la Papaïne injectée dans le sang favorisait singulièrement le développement des protoorganismes. Le D' Dormel a trouvé dans la Papaïne une sorte de bacillus, mais il n’a jamais pu le retrouver dans le sang où la Papaïne avait été injectée.
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? VEE. — Applications de la Papaïne et succédanés.
Les savants qui ont étudié les propriétés intéressantes du corps qui nous occupe ont été unanimes à déclarer que la Papaïne ouvrait une voie nouvelle à la thérapeutique et qu’elle était destinée à devenir un médicament de plus à ajouter aux nombreux et utiles produits que les régions tropicales nous fournissent. Certainement son étude est loin d’être complète, mais les résultats acquis suffisent pour lui assurer prochainement une des premières places dans notre matière médicale.
On n’a pas encore indiqué de formes pharmaceutiques parfaitement définies, et le Codex est d’un mutisme complet au sujet de la Papaïne. Cependant ce produit est déjà entré dans le domaine de la médecine et les journaux thérapeutiques ont fait connaître la valeur d’un sirop et d’un vin de Papaïne qu’un pharmacien de Paris vient de faire connaître. Il a paru, en effet, quelques spécialités, sirops et élixirs, et cette apparition a été couronnée de succès. On les a utilisés contre les troubles catarrheux d'estomac et contre la dyspepsie des adultes, En un mot, partout où la pepsine animale convient, la Papaïne pourra trouver son emploi. C’est ainsi que dans les formules de ces merveilleuses préparations qu’on appelle peptones, on pourra remplacer avantageusement la pepsine ou la pancréatine par la Papaïne; on obtiendra alors ces peptones papaïques qui, comme les peptones pepsiques sont absorbées sans essuyer de digestion.
Avec des peptones papaïques, il sera possible d'obtenir les nombreuses préparations de peptones qu’on emploie aujourd’hui si fréquemment. Telles sont : l’élixir de peptone, le sirop de peptone, le vin de peptone et enfin les peptones
= 9, — mercuriques employées dans ces derniers temps si avantageusement en injections hypodermiques, dans le traitement de la syphilis.
Il est une propriété remarquable de la Papaïne et qu'on ne pourra mettre que difficilement à profit, c’est son action sur: le tissu des helminthes, tels que ascarides et tænias, qu'il dissout complètement. Cette action semble devoir placer la Papaïne au premier rang des tæniacides, mais: on ne l'a pas encore employée pour cet usage, à cause des accidents qui pourraient résulter de son action trop intense.
Succeédanés. — Les premiers chimistes qui ont étudié. le lait du Papayer ont signalé les analogies qui existaient entre ce lait et celui de divers végétaux, tels que ceux qu’on trouve dans les genres Euphorbia, Ficus, Pédilanthus, Curcas, Ophthalmo blaton. etc. Ces sucs agissent, en effet, de la même façon sur le lait. Ne pourrait-on pas supposer qu’ils contiennent un principe digestif analogue à la Papaïne ? M. Bouchut a réussi à dissoudre une quantité de fibrine assez considérable en la faisant digérer avec du suc de figuier. M. Bouchut a nommé cette nouvelle pepsine « ficoïne. » La ficoïne n’a pas été étudiée.
M. Peckolt, après avoir épuisé par l'alcool faible et l’éther le résidu de l’évaporation par la chaleur d’une certaine quantité de lait de Papayer, a traité par l’eau la partie insoluble. La solution a donné par addition d'alcool un précipité brun (5,558 p. 100) d’un corps qu’il a appelé parapayotine et qui est formé par décomposition de la Papaïne sous l’influence de la chaleur.
Mais il serait inutile de parler plus longuement de ces corps peu connus et peu étudiés qui ne peuvent entrer dans le cadre restreint de ce modeste travail.
Il en est de même des deux matières sur lesquelles M. Wurtz nous a conseillé de concentrer notre attention et nos études, c’est-à-dire l’acide amidé cristallisable qui existe dans les eaux-mères alcooliques d’où la Papaïne a été précipitée ainsi que la substance de même composition que la mannite contenue dans le suc du Papayer. Les renseignements et les résultats de nos études sur ces deux corps sont encore trop incomplets pour que nous puissions les publier.