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mp posé avec une poignée (1) de feuilles de papayer, une once d'huile de ricin et suffisante quantité d’eau de mer. »
Dans la province des Amazones, on utilise le sue des fruits verts comme anthelmintique à la dose de 2 à 5 cuillerées à café. On fait cuire ce suc et on le mêle à de l'huile de ricin. La cuisson lui enlève une partie de son âcreté et de son amertume.
Le D' Moncorio préfère employer les semences comme anthelminthiques .
Il considère l’emploi du suc comme dangereux.
Les grames renferment, en effet, comme nous le verrons dans la suite, un acide résineux, à propriétés vermifuges.
Cet acide a été isolé à l’état de poudre par le D' Th. Pec-
koli.
Enfin, dans les colonies, on se sert également du suc de la pulpe comme cosmétique pour effacer les taches de la peau causées par le soleil.
La papaye peut être conservée dans du vinaigre, c’est le moyen usité ordinairement quand on veut la conserver.
: ? VAI. — Lait ou latex du paparyer.
D'après ce qui vient d’être dit sur les nombreux usages des différentes parties du papayer, il est facile de voir que le produit qui offre les propriétés les plus énergiques est constitué par le suc ou le lait de l’arbre. Ce suc a, depuis longtemps, attiré l'attention des botanistes.
En 1750, Griffitsch Hugues disait dans son histoire des Barbades :
«Ce suc est d’une nature si pénétrante que si un fruit
(1) Une poignée, 40 gr.
: HOGAES pelé, non mûr, est bouilli avec la viande salée la plus grossière, celle-ci est rapidement attendrie. Si les pores sont nourris avec ce fruit, principalement lorsqu'il n’est pas mûr, la muqususe interne des intestins est attaquée et si on ne change pas d’aliment, cette muqueuse est complètement détruite (A). »
Ce latex de papayer, ce suc laiteux est donc d’une intensité d'action remarquable. Mais ce qui le rend surtout important, c’est sa composition et l’action qu'il exerce sur l’albumine et la fibrine animale. Il renferme, en effet, une matière albumineuse que les acides et l’oxigène de l’air coagulent, ainsi qu'une matière caséiforme. De plus, si on le met en contact avec la fibrine animale, il la dissout complètement comme le ferait la pepsine, avec cette différence qu'il n’exige pas l'intervention d’un acide, comme le fait la pepsine. La fibrine ainsi dissoute est parfaitement assimi- Jlable.
De Humboldt a le premier appelé l'attention des chimistes sur la composition du lait de papayer. Pendant son séjour dans les vallées de l’Aragua, il eut l’occasion d’examiner le lait du papayer; mais privé de réactifs, il ne put donner sur la composition de ce lait que des détails insuffisants. Ce même lait a été examiné ensuite par M. Vauquelin et Cadet. Ces chimistes y ont reconnu la présence de l’albumine coagulable par les acides et l’absorption de l’oxygène de l’air et d’une matière caséiforme; ils ont comparé cette sève laiteuse au sang des animaux ; mais ils n’ont pu soumettre à leurs recherches qu’un suc fermenté et un coagulum d’odeur fétide formé pendant la traversée de l'Ile de France au Hâvre. De Humboldt avait lui-même remarqué que plus le
() Wiltmack, The fermentalige action of the juice of the fruit, of carica papayu (L. Pharm. Journ. 1879, IX, 449.)
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fruit du Carica était jeune, plus il donnait de lait; qu’on en trouvait déjà dans le germe à peine fécondé. À mesure que le fruit mûrit, le lait moins abondant devient plus aqueux. On y trouve moins de cette matière animale coagulable par les acides et l'absorption de l'oxygène atmosphérique. Comme tout le fruit est visqueux, on pourrait croire qu’à mesure qu'il grossit, la matière coagulable est déposée dans les organes et forme en partie la pulpe ou la substance charnue. Lorsqu'on verse goutte à goutte l’acide azotique étendu de 4 parties d’eau, dans le lait exprimé d’un fruit très jeune, on aperçoit un phénomène extraordinaire. Il se forme au centre de chaque goutte une pellicule gélatineuse divisée par des stries grisâtres. Ces stries ne sont autre chose que le suc rendu plus aqueux, parce que le contact de l'acide lui a fait perdre l’albumine. En même temps le centre des pellicules devient opaque et d’une couleur jaune d'œuf. Elles s’agrandissent comme par le prolongement de fibres divergentes. Tout le liquide offre d’abord l'aspect d’une agathe à nuages laiteux et l’on croit voir naître sous ses yeux des membranes organiques. Lorsque le coagulum s'étend sur la masse entière, les taches jaunes disparaissent de nouveau. En le remuant, on le rend « comme du fromage mou (1) »; la couleur jaune reparaît lorsqu'on y verse de nouveau quelques gouttes d'acide nitrique. L’acide agit ici comme le contact de l'oxygène de l'atmosphère à la température de 27° à 35°, car le coagulum blanc jaunit en 2 ou 5 minutes lorsqu'on l’expose au soleil. Après quelques heures, le jaune passe au brun, sans doute parce que le carbone devient plus libre à mesure que l'hydrogène avec lequel il est combiné est brûlé. Le coagulum formé par l'acide devient visqueux et prend une odeur de cire analogue à celle qu’on observe
(1) De Humboldt.
LU OR Nes quand on traite de la chair musculaire et des champignons (Morilles) par l'acide nitrique.
D'après les belles expériences de M. Hatchett, on peut supposer que l’albumine passe en partie à l’état de gélatine. Jeté dans l’eau, le coagulum du Papayer franchement préparé se ramollit, se dissout en partie et donne une teinte jaunâtre. Le lait mis en contact avec l’eau seule forme aussi des membranes Il se précipite à l'instant une gelée tremblante semblable à de l’amidon. Ce phénomène est surtout frappant si l’eau qu’on emploie est chauffée jusqu’à 40 ou 60 degrés; la gelée se condense à mesure qu’on y verse plns d’eau, elle conserve longtemps sa blancheur et ne jaunit que par lecontact de quelques gouttes d’acide azotique. Guidé par l'expérience de MM. Foureroy et Vauquelin, de Humboldt a mêlé au lait de Papayer une dissolution de carbonate de soude. Il ne se forme pas de caïllots, même lorsqu'on verse de l’eau pure sur le mélange de laitet de la dissolution alcaline, et les membranes ne paraissent que lorsqu’en ajoutant un acide, on neutralise la soude et qu’il y a surabondance d'acide, De Humbold a fait même disparaître le coagulum formé par l’acide nitrique, par le jus de citron ou l’eau chaude, en le mêlant au carbonate de soude. La sève redevient laiteuse et liquide comme dans son état primitif, mais cette expérience ne réussit que lorsque le coagulum a été récemment formé.
De Humbold conclut de son étude qu'entre le sue laiteux du Papayer et le lait de l’arbre de la vache (Galactodendrum ulile) et de l’'Hevea on trouve une analogie frappante.
Comme résultat des observations de de Humboldt, il restait acquis à la science que le lait de Papayer était un produit extraordinaire par sa Composition; mais ce savant ne donne aucun renseignement au sujetde l’action de ce lait sur lafibrine animale. Vauquelin donne quelques détails plus précis sur
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