Pape et concile au XIXe siècle [microform]
Assez de gens diront ce qu'aura été le concile de 1869. Je voudrais essayer de dire ce qu'il sera, ou, s'il n*a pas lieu, ce qu'il aurait nécessairement été.
Je ne viens pourtant pas me lancer dans des prophéties, ni dans quoi que ce soit qui en ait l'air. Voici quelques années que le catholicisme nous dit assez clairement ce qu'il est, ce qu'il veut être. Il le dit à la fois par sa hardiesse et par ses craintes, par sa roideur, par sa souplesse, par sa logique, par ses contradictions. Il ne s'agit que de savoir démêler la pensée unique, invariable, qui préside à ses diversités, et qui se promet l'empire du monde.
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Celle pensée, Ij'en ai fait ailleurs rai.alysc au point de vue philosophique et moral. Mon Home et le Cœur humain était destiné à montrer comnieni le cœur humain a créé le catholicisme, et comment le catholicisme, en retour, sacrilie tout au cœur humain, caressant son orgueil, flattant ses goûts, même quand il a l'air de les combattre, et, en somme, régnant par lui beaucoup plus <iuc par la divine autorité dont l'ÉgUse afiirme ètne
investie.
Je voudrais donc reprendre historiquement la
même thèse. Le concile annoncé ne me fournit pas seulement une occasion que j'attendais, mais un centre autour duquel, sans effort, se grouperont les faits que j'ai recueillis.
J'aurais pu, pour les recueillir, m'adrcsser successivement à tous les siècles. Le romanisme so donnant pour le christianisme apostolique, tous les siècles chrétiens, du dix-neuvième au premier, peuvent ètra interrogés sur l'ancienneté ou la nouveauté de ses doctrines, de ses institutions, de ses
tendances.
Mais, cela, ce serait plutôt de la controverse, et je ne veux pas en faire. Mon plan donc, le voici :
Le champ, d'abord, je le limite, sauf une ou deux excursions indispcnsabk^s, à l'espace compris
KNTKODLCTION 3
enlre le concile de Trente et le concile qui va s'ouvrir.
Les questions, je les pose sur le terrain du catholicisme lui-même, telles, veux-je dire, que les poserait un catholique cherchant à constater ce que ces trois siècles ont produit, en bien ou en mal, pour son Église. En quoi, depuis le concile de Trente, a-t-elle avancé ou reculé? Quelles tendances se sont fortiOées ou affaiblies? Quelles doctrines ont été laissées dans l'ombre, ou mises de plus en plus en lumière? En quoi l'Église a-t-elle subi ou refoulé Tiniluence des temps modernes? Qu*a-t-elle gagné? Qu'a-t-elle perdu? Quelle est, enlin, sa position réelle au milieu des générations contemporaines? — Et chacune de ces questions se subdivisera nécessairement en plusieurs.
Cela dit, commençons.
AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE