‹ Pape et concile au XIXe siècle [microform]Chapitre 24 sur 46 · LA PAPAUTÉ EN MORALE · texte numérisé non relu

LA PAPAUTÉ EN MORALE

1. Sévérilé, jadis, envers les papes. — Idéal conçu, mais, presque toujours, comme condamnalion de la réalité. — Le clergé n'estimait ni n*aimail la papauté.

n. Impossibilité, en ces mêmes temps, de voir en elle l'esprit duminaol la matière. — Son rùle dans la politique européenne; son rôle ol ses agrandissements en Italie. -- Pape-

' roi et rois-papes ; ceux-ci souvent meilleurs. — Situation, à Rome, misérablement terrestre.

IlI.'Vices et crimes. — Si nous en parlons, à qui la faute?

— Le dixième siècle à Home. — Est-il vrai que Home resta pourtant au-dessus du niveau moral tie chaque époque ? — Mauvaises mœurs ; mauvaises maximes. — Les serments. — Mépris au loin et au près.

IV. Amélioration — Est-ce à la papauté que l'honneur doit en revenir? — Idéal actuel.— Basses et extravagantes louanges.

— Redoublement d'embarras pour l'avenir. — Pie IX à Rome el pour les gens de Rome.

Sur tous ces points, sur bien d'autres, les siècles catholiques se sont montrés beaucoup plus intelligents et plus sévères que nos catholiques d'aujourd'hui. Ils avaient, au milieu de toutes leurs igno-

PAPE ET CONCILE, ETC

SU

rances. un sentiment clair de ce que la papauté aurait dû être; ils ne se faisaient aucune illusion sur la distance qui séparait la réalité de Tidéal. Les historiens catholiques ont élé longtemps, bien longtemps, avant de se mettre à peindre avec leurs couleurs d'aujourd'hui. Bien loin de représenter la papauté comme ayant tenu haut et ferme le drapeau de la justice et de l'humanité , ils déploraient qu'elle eût été si constamment mêlée aux querelles de la terre, et qu'elle y eût porté tant d'éléments misérablement humains. Le moyen âge était à genoux devant lepape^ mais debout devant ï homme; il ne contestait pas sa qualité de vicaire du Christ, mais il aimait à lui donner rendez-vous au tribunal de ce même Christ, juge de tous. Peu après la mort d'Innocent IV, nous dit une légende recueillie par Mathieu Paris, un cardinal vit le pape arriver devant Dieu et demander grâce. Mais la Justice, s'adressantà Dieu, s'écria : « Tu as créé l'Église libre, et cet homme en a fait une esclave; tu Tas créée pour être le salut des pécheurs, et il en a fait une banque d'usuriers; tu as fait d'elle le fondement de la foi, et il a ébranlé la foi et les bonnes mœurs. » Voilà ce qu'entendit le cardinal, et, peu après, le nouveau pape Alexandre IV, vit en songe son prédécesseur traîné dans un lieu

AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

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