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RODOLPHE CLENKE 121
qui distingua de tout temps la plupart des Habsbourg. Après une réponse évasive et une approbation complète, Maximilien allait encore revenir sur sa décision. Le prince Sougorski se mettait déjà en route, Clenke devait l'accompagner; comme dernière formalité, Morone en informe l'empereur, lorsque l'avant-veille du départ, le 15 septembre, une déclaration inattendue vient plonger les intéressés dans l'étonnement '. Sa Majesté exprimait l'avis de surseoir à l'envoi de llodolphe Clenke ou de tout autre représentant pontifical, et voici pourquoi : les négociations ne s'ouvriraient à Moscou qu'après l'arrivée des ambassadeurs du Saint-Empire, du roi d'Espagne et du roi de Danemark; or, avant de traiter avec le tsar, il serait opportun que les diplomates étrangers s'entendissent entre eux ; une mission isolée manquerait son but. Ces raisons sont moins convaincantes qu'on ne croirait. La résolution impériale s'inspirait plutôt d'une secrète jalousie : des conseillers omljrageux, craignant un nouveau succès du Saint-Siège, avaient persuadé l'empereur de faire avorter la mission pontificale. Telle est la version donnée par Malvasia, secrétaire de Morone, au P. Possevino ; telle est l'opinion de Possevino lui-même ^. Le légat d'Allemagne ne se montra pas contrarié outre mesure de cet échec. On eut soin de l'avertir que les Russes ne se souciaient pas d'emmener avec eux un prêtre romain. Voyant qu'il serait inutile d'insister, il s'épargna de nouvelles démarches, et l'affaire en resta là. Le reproche d'inconstance ne saurait être adressé au cardinal de Come : le jour même où l'empereur notifiait son refus, il félicitait Morone de ses premiers succès auprès de Sougorski